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Le triomphe d’une rappeuse

Cédric Bélanger | Journal de Québec

Backxwash

Photo courtoisie, Mechant Vaporwave

Au bout du fil, elle ne cessait de ricaner. Lauréate du prix Polaris remis au meilleur album canadien de la dernière année, la rappeuse transgenre montréalaise Backxwash savourait son triomphe en y décelant une forme de validation d’avoir suivi le chemin qu’elle voulait au lieu de celui qu’on lui avait tracé.

«Tout ça est encore surréel», a-t-elle trouvé le moyen de dire entre deux éclats de rire, mardi midi, quand Le Journal l’a jointe au lendemain du couronnement de son album God Has Nothing To Do With It Leave Him Out Of It.

Backxwash, le nom de scène d’Ashanti Mutinta, est un cas unique au sein de la scène musicale locale. 

Née et élevée en Zambie dans une famille hyper conservatrice qui ne voyait pas d’un bon œil ses goûts et ses ambitions musicales, elle a déménagé en Colombie-Britannique, en 2009, à l’âge de 17 ans, avant de mettre le cap quelques années plus tard sur Montréal, où elle a développé son projet musical.

Suivre sa voie

Son parcours est atypique ? Attendez d’écouter sa musique. Un hip-hop musclé, violent, dopé de son amour du heavy métal. Pas pour rien que la chanson-titre de son album renferme un échantillonnage de la chanson Black Sabbath, du célèbre groupe du même nom.

C’est pour ça qu’Ashanti Mutinta parle de validation lorsqu’elle tente de décortiquer ce que signifie ce prix Polaris pour elle. Envers et contre tous, spécialement sa famille, elle a suivi sa voie.

«Ce prix me dit que je devrais continuer de faire ce que je fais et que si quelqu’un d’autre veut faire comme moi, il a la chance de le faire.»

Un sixième pour le Québec

Backxwash est la sixième artiste québécoise à remporter le Polaris depuis la création de ce prix, décerné annuellement à la suite d’un vote tenu auprès de membres des médias d’un océan à l’autre, il y a quinze ans.

Elle succède à Patrick Watson, Karkwa, Arcade Fire, Godspeed You! Black Emperor et Kaytranada, qui était de nouveau en lice, cette année, quatre ans après la victoire de son album 99,9 %.

Ashanti Mutinta estime qu’atterrir à Montréal a été salutaire pour son parcours artistique.

«C’est une ville si vibrante d’un point de vue de l’expérimentation et de l’expression. Il y a des artistes incroyables ici.»

Et que sera la suite ? «Je retourne en studio», conclut la rappeuse, motivée comme jamais.