/news/homepage

Université d’Ottawa: Normand Brathwaite choqué

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

Normand Brathwaite se dit choqué par le traitement réservé à Verushka Lieutenant-Duval, cette professeure de l’Université d’Ottawa suspendue temporairement pour avoir utilisé le mot «n****» dans l’un de ses cours, dans un contexte pédagogique.

• À lire aussi: Université d’Ottawa: Legault s’inquiète d’un «dérapage important»

• À lire aussi: La vice-première ministre dénonce la « lâcheté » de l’Université d’Ottawa

• À lire aussi: Terrorisme linguistique

En entrevue avec l’Agence QMI, mardi, l’animateur noir, qui n’a jamais craint l’humour controversé et a souvent répété que «le Québec est l’endroit le moins raciste au monde», a affirmé de façon très posée avoir «bien de la misère» avec le fait de vouloir effacer certains mots de notre vocabulaire collectif, surtout lorsqu’il est question de transmission du savoir.

«Des affaires comme il s’est passé à Ottawa, ça minimise [le mouvement] Black Lives Matter, a plaidé l’animateur de "Belle et Bum". Les deux n’ont rien à voir. Ici, c’est un prof qui explique l’Histoire en utilisant un mot qui ne doit plus exister, mais qu’il faut dire, pour s’en rappeler. Moi, ça m’a vraiment choqué. Il faudrait que quelqu’un mette son pied à terre et dise qu’on ne mêlera pas les pommes et les oranges.»

«On ne peut pas faire disparaître des mots de l’Histoire, pour des raisons académiques, a poursuivi Brathwaite. Par exemple, en ce moment, il y a beaucoup de documentaires sur la crise d’Octobre, et avec raison; on ne peut pas ne pas avoir le droit de dire "Frog" ou "French Pea Soup", dans un documentaire qui explique le pourquoi de la crise! C’est comme si on n’avait pas le droit de dire les mots "Hitler" et "Nazi"; ç’a existé, et dans le cadre de l’Histoire, il faut qu’on ait la permission de les dire. Ça (l’Université d’Ottawa), c’est un débordement, mais je pense que tout le monde est unanime là-dessus.»

Retour du balancier     

Même si la rectitude politique, voire la censure, guettent maintenant toutes les sphères de la société, Normand Brathwaite, qui a autrefois raconté bien des blagues salées à «Piment fort», soutient ne pas être inquiet, pour les artistes comme pour les professeurs. «Ce sont des modes», croit-il.

«On a perdu le deuxième degré. Quand on voit quelqu’un sur une scène, il faudrait écrire dans son front: "Je ne suis pas vraiment un méchant, je joue un méchant pour rire des méchants". Ça n’a pas d’allure!»

«Mais ça va revenir, a assuré Normand Brathwaite. Quand on arrêté de faire "Piment fort" à la télé, on l’a fait en salle, et ç’a été un "hit" incroyable. C’est une période, et le balancier va revenir. Je ne suis pas inquiet du tout.»

Dans la même catégorie