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De Montréal à l’Arménie: une ancienne Montréalaise vient en aide aux réfugiés

Guillaume Cyr | Agence QMI

PHOTO COURTOISIE/Lara Aharonian

Une ancienne Montréalaise habite maintenant depuis plusieurs années en Arménie et tente autant que possible d’aider les réfugiés en provenance du Haut-Karabakh, une région fortement touchée par la reprise des hostilités avec l’Azerbaïdjan depuis le 27 septembre.

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Lara Aharonian a fondé et dirige le Centre de ressources pour femmes d’Arménie, un organisme non gouvernemental (ONG) basé à Erevan, la capitale de l’Arménie. L'ONG possède aussi un centre dans la capitale du Haut-Karabakh, Stepanakert, et à Chouchi, aussi dans la région.

Mme Aharonian, issue de la diaspora arménienne, est née à Beyrouth au Liban en 1972, mais a habité à Montréal de 1990 jusqu'en 2003, année où elle est partie en Arménie pour aider la condition de plusieurs femmes dans ce pays.

Elle voit au quotidien les répercussions qu'ont sur les civils des bombardements dans la région du Haut-Karabakh.

Conflit

Cette région, peuplée en majorité d'Arméniens chrétiens, est située à l'intérieur des frontières internationalement reconnues de l’Azerbaïdjan, un pays à majorité musulmane chiite turcophone, mais qui a fait unilatéralement sécession lors de la chute de l’URSS.

Aucun État membre de l'ONU n'a reconnu son indépendance, et après être passée à travers une guerre sanglante qui a fait 30 000 morts, le territoire a été le théâtre de plusieurs escarmouches depuis la fin des années 90.

Cette région est touchée par une reprise des hostilités, depuis la fin septembre, avec des attaques répétées des deux côtés, forçant le déplacement de plusieurs populations civiles. Un premier cessez-le-feu avait été négocié en Russie, mais les deux camps de renvoient la balle et s'accuse de ne pas l'avoir respecté.

Centre de ressources pour femmes

Le centre dirigé par Mme Aharonian fait des actions en lien avec les droits de la femme, l’égalité et la sensibilisation contre la violence conjugale et sexuelle. Mais avec le conflit actuel, l’organisme se concentre aussi pour trouver un logement à des réfugiés et offrir des éléments essentiels comme des vêtements et des premiers soins.

«On aide les femmes qui sont réfugiées, évacués de la zone de guerre vers Erevan, a-t-elle confié en entrevue, la semaine dernière. Elles font six ou sept heures de voiture en partant du Haut-Karabakh. Il y a eu 90 000 déplacements de femmes, enfants et personnes âgées. Cela représente 60 % de la population.»

Mme Aharonian héberge même une famille chez elle pour l’instant. «La femme et les enfants passaient leur temps dans les abris souterrains en raison des bombes, et avec un peu de répit, ils ont pu prendre le transport pour venir à Erevan. Les hommes protègent la frontière», a-t-elle précisé en entrevue avec le «24 Heures».

Ambiance triste

Depuis le début des hostilités, l’ambiance à l’intérieur de la capitale arménienne est triste, selon Mme Aharonian, alors que «presque chaque famille a un soldat blessé ou tué à la frontière». Elle a insisté tout de même pour rappeler que la population est mobilisée et n’hésite pas à se soutenir.

Elle aimerait d’ailleurs recevoir davantage l’aide à l’international, que ce soit en forme de dons citoyens ou des gouvernements.

L’appel de l'aide à l’international

Lara Aharonian a fait des études à l’Université de Montréal en psychoéducation, avant de travailler pour un centre pour femmes à Montréal, le Centre des femmes d'ici et d'ailleurs.

«Le bénévolat international était très valorisé dans mon milieu. J’ai décidé de partir en Arménie, car j’y connaissais la langue et j’ai beaucoup apprécié les gens», a-t-elle indiqué.

Encore aujourd’hui, Mme Aharonian essaie de revenir deux à trois fois par an à Montréal, notamment pour revoir des proches.

Communauté arménienne

Selon le recensement de Statistique Canada en 2016, près de la moitié des 64 000 personnes qui se sont identifiées comme Arméniennes au Canada vivraient à Montréal.

Et ce chiffre pourrait être même plus élevé, selon le président du comité national arménien du Québec, Apraham Niziblian.

«Je tenais à offrir en mon nom, mais également au nom du conseil municipal, notre solidarité envers la communauté arménienne qui traverse actuellement une période de crise», a par ailleurs souligné la mairesse de Montréal, Valérie Plante, lundi à propos du conflit qui touche la région.

- avec l'AFP