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Diplomates malades à Cuba et en Chine: Pompeo se défend d'avoir minimisé l'affaire

AFP

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'est défendu mercredi d'avoir minimisé les cas de diplomates américains atteints, en Chine, de symptômes similaires à ceux d'un mystérieux phénomène constaté à Cuba qui avait déclenché des représailles des Etats-Unis, tout en reconnaissant ne toujours pas avoir d'explication claire.

«L'idée que nous n'aurions pas protégé nos agents en raison d'un objectif politique plus vaste est absolument fausse, absolument, absolument fausse, clairement fausse, sans aucune ambiguïté», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Washington, visiblement agacé. «Je ne veux pas qu'un pays à travers le monde puisse penser qu'il peut faire quelque chose comme ça sans que nous le prenions au sérieux.»

Entre fin 2016 et mai 2018, des diplomates en poste à La Havane, ainsi que des membres de leurs familles, ont souffert de maux divers incluant des problèmes d'équilibre et de vertige, de coordination, de mouvement des yeux, ainsi que de l'anxiété, de l'irritabilité et ce que des victimes ont appelé un «brouillard cognitif».

«Syndrome de la Havane»

Ce qui a été d'abord qualifié d'attaques acoustiques, puis plus largement de «syndrome de La Havane», a été pris très au sérieux par Washington, qui a rappelé la majorité de son personnel diplomatique de La Havane en 2017 au moment où le président Donald Trump voulait tourner la page du rapprochement engagé par son prédécesseur Barack Obama.

Or, en 2018, des symptômes similaires avaient frappé des diplomates américains à Guangzhou, en Chine. Après avoir dans un premier temps dressé un parallèle évident entre ces cas et l'affaire cubaine, le département d'État a fait marche arrière, sans jamais donner aux personnes touchées en Chine la même attention et sans prendre de mesures contre Pékin comme il l'avait fait avec La Havane, selon une enquête publiée mardi par le New York Times.

«Opération de dissimulation intentionnelle»

«C'est une opération de dissimulation intentionnelle de haut niveau», a dénoncé dans le quotidien Mark Lenzi, un employé du département d'Etat américain à Guangzhou.

Une enquête administrative interne est en cours, qui a selon le journal déjà identifié des irrégularités dans la gestion de ces cas. Les détracteurs de l'administration Trump la soupçonnent d'avoir voulu éviter une escalade à une époque où Washington négociait un accord commercial avec la Chine et où le milliardaire républicain ménageait encore le président chinois Xi Jinping.

«Il n'y a aucune considération politique», a encore martelé Mike Pompeo, assurant garantir la «sécurité, la santé et la protection» de tous les diplomates américains où qu'ils se trouvent.

«Il n'y a pas encore d'analyse complète du gouvernement américain» sur ce qui s'est passé, a-t-il toutefois reconnu.

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