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La commission Laurent promet un rapport impeccable, mais accablant

TVA Nouvelles

La commission Laurent sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse déposera finalement son rapport dans cinq mois. La somme de travail trop importante et l’enjeu trop sérieux.

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Les commissaires devaient dévoiler leurs recommandations au gouvernement au plus tard le 30 novembre. Ils n’ont pas eu le choix de demander plus de temps. 

Régine Laurent et ses collègues ont lu 225 mémoires, entendu 276 personnes, tenu 42 forums.

«C'est un travail énorme, énorme, énorme d'analyse qu'on a faite. N'oubliez pas qu'on est 12», explique la présidente.

Réformer la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) est décidément un travail incommensurable. Elle a été surprise par la quantité de données à analyser. 

«Je ne m'attendais pas à cette manne d'informations ni que ça nous amènerait à une analyse colossale d'informations. C'est vraiment... Je suis tellement mal! Ça m'a pris beaucoup de temps à accepter qu'on ne remettrait pas les travaux le 30 novembre», admet Mme Laurent.

La commission demande cinq mois supplémentaires, une décision qui n’a pas été prise de gaieté de cœur. 

«Je sais que c'est important pour les enfants, parce que je sais que ce qu'on va amener, ce sont des solutions structurantes qui vont changer la vie des enfants, mais en même temps, devant l'impossible, je suis obligée de le faire», ajoute la présidente. 

Racisme 

Elle a d'ailleurs été secouée d'entendre l'histoire des deux enfants morts à Wendake alors que la Direction de la protection de la jeunesse avait reçu des signalements. La commission promet plusieurs recommandations concernant les Autochtones.

«On a entendu des communautés qui sont venues nous expliquer comment... ce que ça voulait dire, de difficulté, de dureté pour les enfants qui étaient extraits de leur communauté.

Y a-t-il du racisme systémique au sein de la DPJ? Oui, semble-t-il, tel que le stipulait le rapport Viens, l'année précédente, affirme-t-elle.

«On a eu des chercheurs qui sont venus nous le dire et des organismes communautaires, comme la Maison d'Haïti, qui ont défini comment il y a une surreprésentation des enfants noirs à la DPJ, donc pourquoi ça se passe?» s’interroge Mme Laurent.

La commission Laurent promet de déposer un rapport impeccable, mais accablant. Consciente de l'urgence, elle compte aussi dévoiler les grandes lignes de ses recommandations au gouvernement avant Noël.

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