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Le Zéro-déchet, c’est payant!

Camille Lalancette | Agence QMI

Joël Lemay / Agence QMI

Le zéro-déchet est un mode de vie qui peut en terrifier plusieurs avec les nombreux témoignages d’adeptes qui ne produisent qu’un pot Mason de déchet par année.

Loin de cet objectif ambitieux, Zéro-déchet Québec compte plutôt, à l'occasion de la semaine québécoise de la réduction des déchets qui se déroule du 17 au 25 octobre, convaincre les Québécois d'améliorer leurs habitudes.

L’adepte du zéro-déchet depuis 2013 et autrice du livre «Tendre vers le zéro-déchet», Mélissa de La Fontaine, recommande d’y aller à son rythme en choisissant de petites actions faciles à réalisées. Voici donc cinq trucs pour y arriver.

Petits gestes, gros changements

Mme de La Fontaine ne tient plus compte des déchets qu’elle produit pour préserver sa santé mentale. «Le but, ce n’est pas de faire une compétition et je ne l’affiche pas non plus. Déjà, on voit que ça réduit et que quelques gestes font une différence dans notre poubelle», a lancé l’experte en réduction des déchets.

«La réduction à la source des matières résiduelles est la meilleure façon de gérer les déchets. Le meilleur déchet, c’est celui qui a le moins d’impact environnemental, c’est celui qui est le plus facile à gérer, c’est celui qui n’existe pas», a renchéri le porte-parole de Zéro-déchet Québec, Karel Ménard.

Conscient de la difficulté de ne faire aucun déchet, il recommande de s’initier doucement et d’aller consulter des trucs et idées sur le site de la Semaine québécoise de la réduction des déchets. Une application disponible sur Android et l'App Store a également été conçue pour aider les gens à intégrer graduellement des comportements plus écologiques.

Fini le suremballage

Plusieurs options existent pour réduire les déchets à la source, notamment les épiceries en vrac où il existe une variété de produits concurrentiels aux épiceries standards.

Le principe est simple : il faut apporter ses propres contenants à remplir soi-même. Ainsi la production de déchet lié à l’emballage est limitée étant donné que le contenant peut être réutilisé à plusieurs autres occasions.

Certes, les épiceries en vrac font rêver les écolos, mais de simples choix à faire dans les épiceries standards peuvent également tendre vers le zéro-déchet.

«Il y a quand même des choses en vrac dans les épiceries conventionnelles, c’est juste qu’il faut les voir», a fait valoir Mme de La Fontaine.

La plupart des fruits et légumes sont en vrac. Il suffit d’apporter un filet pour les transporter.

«Je vais prendre le gros contenant de yogourt plutôt que les pots individuels. Parce que ça fait moins d’emballage et les gros contenants sont souvent plus recyclables que les petits», a-t-elle souligné.

Les pommes pourries sont aussi des déchets

Une bonne gestion de son réfrigérateur fait aussi partie des habitudes qui limitent la production de déchets.

Karel Ménard propose une astuce simple à laquelle les conséquences sont positives. «Si on a des légumes ou des fruits qui sont sur le bord d'être périmés dans le frigo, on peut les cuisiner. On ne s’en rend pas compte, mais de les cuisiner au lieu de les mettre au compost, c’est une très bonne action.»

Le tri des déchets compose une première action à faire pour favoriser la revalorisation des matières. C’est pourquoi Mme de La Fontaine recommande de faire du compostage.

«Parce que les matières organiques dans les sites d’enfouissement, ça pollue énormément. Ça produit du méthane, un gaz à effet de serre qui est 25 fois plus puissant que le CO2», a expliqué l’experte.

Être la «reine» de Marketplace

Les plateformes de vente d'objets de seconde main, comme LesPAC, Kijiji ou Marketplace sur Facebook, sont de grandes alliées d'un mode de vie sans déchet. Magasiner usagé est une habitude à avoir si l’on veut éviter de surconsommer puisque, bien souvent, un objet usagé peut être aussi efficace qu’un neuf, a assuré Mélissa de la Fontaine.

«C’est le cycle de vie. On achète un objet qui aurait pu être jeté. Maintenant, 90 % des choses que j’achète sont usagées», a-t-elle dit.

Faire réparer ses vêtements ou ses chaussures, acheter en friperie, organiser un échange de vêtement avec des amis ou troquer des outils sont des gestes qui évitent l’utilisation de ressources pour la production et la distribution d’un nouvel item.

«Plus on allonge la durée de vie d’un objet, plus on amortit l’impact de cycle de vie», a-t-elle souligné.

Pédaler pour économiser

Pour Mme de la Fontaine, le vélo, la marche, les transports en commun et même le service de location de voiture Communauto sont toutes des alternatives pour se déplacer et économiser sur l’achat d’une voiture. Ainsi, elle réduit son empreinte de carbone en choisissant des options plus écologiques.

«Le vélo, c’est mon mode de transport favori de tous les temps. C’est le plus efficace, le plus agréable, le plus économique et le plus écologique», a-t-elle vanté.

Le kit zéro-déchet fait maison

Les épiceries et boutiques zéro-déchet regorgent d’objet facilitant la transition vers ce mode de vie, mais à quel point?

«On n’a pas besoin d’une paille en métal pour être zéro-déchet», a ironisé Mélissa de la Fontaine.

«Quand j’ai commencé à tendre vers le zéro-déchet il y a sept ans, je ne suis pas allée dans une boutique zéro-déchet m’acheter plein d’accessoire. J’ai pris ce que j’avais à la maison, j’ai pris des contenants de plastique, des pots en verre que je récupérais», a-t-elle énuméré.