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Prime «COVID» réclamée par les profs de Montréal

Dominique Scali | Le Journal de Montréal

Catherine Beauvais-St-Pierre, présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, demande au centre de services scolaire de se prononcer publiquement sur les ratés du plan de crise. « On a besoin que [nos dirigeants] soient à nos côtés. »

Photo Ben Pelosse

Catherine Beauvais-St-Pierre, présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, demande au centre de services scolaire de se prononcer publiquement sur les ratés du plan de crise. « On a besoin que [nos dirigeants] soient à nos côtés. »

Les profs de Montréal ont envoyé une missive au gouvernement et à leurs supérieurs hier avec une série de demandes, comme l’idée d’obtenir une prime pour le surplus de travail dû à la pandémie.

«Le centre de services est souvent d’accord avec nous sur ce qui ne fonctionne pas. Sauf que le chialage passe toujours par le syndicat», déplore Catherine Beauvais-St-Pierre, présidente de l’Alliance des professeurs de Montréal.

Les enseignants du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), le plus gros au Québec, se sont réunis en assemblée virtuelle il y a deux semaines afin de se prononcer sur tout ce qui pourrait être amélioré dans leurs écoles en ces temps de pandémie.

Trois lettres  

Trois lettres énumérant leurs demandes ont donc été envoyées hier : une au ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, une au directeur de la Santé publique Dr Horacio Arruda, et une au directeur général du CSSDM.

Les profs aimeraient notamment recevoir une «prime associée à la Covid» pour toutes les tâches qui viennent s’ajouter, comme la désinfection du matériel ou la préparation en double d’un cours qui doit être donné en présentiel et en virtuel.  

Par ailleurs, les suppléants aimeraient être informés lorsqu’ils s’apprêtent à remplacer dans une classe où un cas positif à la Covid-19 a été soupçonné, ce qui n’est pas le cas actuellement pour des raisons de confidentialité, explique Mme Beauvais.

«Ce serait plus respectueux», témoigne Gabrielle (nom fictif), qui «zigzague» d’une école à l’autre depuis la rentrée. Elle a préféré taire son nom pour éviter les représailles de son employeur. 

En tant que suppléante, elle ne reçoit pas les informations de toutes ces écoles. Or, elle est exposée à un nombre encore plus grand d’élèves que les enseignants réguliers, sans en connaître les risques.

De plus, certains professeurs se font aussi refuser le télétravail pour des tâches qui pourraient très bien être faites à la maison, comme la correction. «On doit encore intervenir pour ramener à l’ordre certaines directions», dit Mme Beauvais.  

Les profs demandent aussi à ce que les examens du ministère, qui viennent s’ajouter aux examens réguliers, soient annulés cette année. 

Dénoncer publiquement  

L’Alliance invite le ministre Roberge et le Dr Arruda à venir visiter des écoles de la métropole, où les consignes nationales sont difficilement applicables, notamment en raison du manque de locaux ou de la forte proportion d’élèves allophones. 

Pour ce qui est du CSSDM, le syndicat l’invite à «dénoncer publiquement l’incohérence de certaines mesures», comme la difficulté de respecter des bulles-classes et la distanciation.

Depuis l’abolition des commissions scolaires, le syndicat se sent un peu seul à oser dire ce qui ne va pas sur le terrain, alors que les anciens élus n’hésitaient pas à le faire, rappelle Mme Beauvais.

Le ministre Roberge, le Dr Arruda et le CSSDM ont tous trois confirmé avoir reçu la lettre de l’Alliance. 

Le cabinet du ministre Roberge indique que les enseignants sont déjà rémunérés pour leur temps supplémentaire. Pour ce qui est des épreuves ministérielles, la décision n’est pas encore prise, indique-t-on.

Interpellé sur la lenteur du dépistage pour les élèves et enseignants, le Dr Arruda a répondu par la voie du ministère de la Santé. «À la demande du premier ministre, nous évaluons toutes les options disponibles pour optimiser le dépistage», a-t-il notamment indiqué. 

Aucun des deux n'a précisé s'il avait l'intention de visiter une école montréalaise prochainement. 

Quant à au CSSDM, il poursuit son «dialogue déjà amorcé avec l’ensemble de nos vis-à-vis syndicaux», a indiqué Alain Perron.