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Changements climatiques: Québec risque de rater sa cible de réduction de GES

Agence QMI

MAXIME LANDRY/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

Québec doit restructurer son système économique en initiant une «transition écologique juste», s’il ne veut pas rater sa cible de réduction de gaz à effet de serre. 

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Une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), dévoilée jeudi à Montréal, indique que le Québec n’atteindra pas ses cibles de réductions de GES.   

L’IRIS a constaté une hausse des émissions en 2018 par rapport à 2017 où le seuil de réduction de GES était de seulement 8,7 % par rapport à 1990. 

Pourtant, le plan québécois de lutte contre les changements climatiques mise sur une réduction de 20 % pour 2020 par rapport à 1990, soit 69,4 millions de tonnes (Mt) équivalent CO2, avec une ambition de porter ce seuil à 37,5 % d’ici 2030. 

Une telle cible, bien qu’elle soit une des plus ambitieuses au Canada, reste moins élevée que ce qui est prescrit par le GIEC pour limiter le réchauffement planétaire, soit une réduction des émissions entre 41,9 et 52,7 %, ont détaillé les chercheurs Julia Posca et Bertrand Schepper, coauteurs de la brochure «Qu’est-ce que la transition juste?» 

Québec avait rejeté en février dernier la suggestion d’ONG qui avaient encourager le gouvernement à porter à 65 % sa cible pour 2030. Le ministre de l’Environnement avait rejeté une telle avenue, prétextant vouloir effectuer une «transition juste». 

«Si le gouvernement veut atteindre ses cibles, Québec doit donner un important coup de barre», a tranché dans un communiqué Julia Posca, jeudi. «On n’y arrivera pas pour 2020. C’est pourquoi il faut agir rapidement pour 2030», a-t-elle recommandé. 

Bien que ce soit la province la moins polluante au pays, le Québec produit presque deux fois plus de CO2 par habitant que la moyenne mondiale, selon les auteurs de l’étude. 

Les chercheurs pointent les industries polluantes, notamment les pâtes et papiers, la fabrication de pesticides et d’engrais et la fabrication de produits du pétrole et du charbon. 

«Il est urgent de transformer la structure industrielle du Québec pour se sortir des industries polluantes tout en réorientant les travailleurs et les travailleuses affectés», a alerté Bertrand Shepper.