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De bon samaritain à coupable

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Il y a deux ans, le soir de la Saint-Jean-Baptiste, une action remplie de bonne intention a rapidement dégénéré à un point tel qu’un jeune homme sans antécédent judiciaire a plaidé coupable, jeudi, à une accusation de voies de fait ayant causé des lésions.  

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Ce soir-là, après les traditionnelles festivités, quelques personnes s’étaient rassemblées, vers 3 heures du matin, dans le parc Cartier-Brébeuf et deux anciens conjoints, intoxiqués par l’alcool, se querellaient vertement.  

«La femme, à deux reprises, a donné des coups avec sa tête à son ancien conjoint et l’accusé, Jonathan Côté, qui ne les connaissait pas, s’est alors approché dans le but de mettre fin au différend. Il voulait être un bon samaritain et venir en aide à la dame», a brièvement relaté le poursuivant, Me François Godin à la juge Rachel Gagnon.  

Après avoir demandé aux anciens amoureux de se taire et d’arrêter de faire du bruit, le ton a monté entre l’homme et l’accusé -lui aussi intoxiqué- et il a fini par pousser sa victime au sol. 

Coups de pied 

«La scène a été vue par deux policiers du service de police de la ville de Québec qui se trouvait tout près et ils ont également été en mesure de voir l’accusé donner quatre coups de pied au visage de l’homme qui était tombé au sol», a ajouté le poursuivant.   

À l’arrivée des patrouilleurs, la victime gisait inconsciente au sol et elle a été transportée à l’hôpital où les médecins ont diagnostiqué des fractures à la mâchoire et à l’orbite.  

«Fort heureusement, aujourd’hui, la victime n’a pas conservé de séquelles ni physique ni psychologique», a conclu Me Godin.  

Excuses sincères 

Invité à s’adresser au Tribunal, Jonathan Côté a pris la parole de façon très émotive, visiblement bouleversée par ces événements qui reviennent le hanter.  

«Ce soir-là, je suis vraiment allé trop fort. Je n’aurais jamais dû me mettre entre les deux. Je m’excuse sincèrement. Je ne voulais tellement pas lui faire du mal... Je voulais seulement qu’il arrête. Je voulais juste protéger madame», a-t-il dit, en s’essuyant à plusieurs reprises les yeux, incapable de contenir ses larmes.  

Comme il s’agit d’un premier passage pour le jeune homme devant la Cour, son avocat, Me David Monaghan a retenu la proposition de la présidente du Tribunal et demandé la rédaction d’un rapport présentenciel qui pourra aider la juge à rendre une décision juste et éclairée.  

La Couronne a toutefois déjà fait savoir qu’elle visait une peine d’emprisonnement variant de quatre à six mois alors que la défense espère que le jeune homme pourra s’en tirer avec un emprisonnement discontinu et des travaux communautaires.