/news/law

Poursuite de 8M$ contre un franchiseur

Yves Poirier | TVA Nouvelles

Près d’une quinzaine de citoyens viennent de s’adresser au tribunal dans le but d’obtenir d’importantes compensations financières après avoir fait des investissements majeurs comme franchisés dans un projet qui, selon eux, s’est principalement traduit par des pertes importantes.

La poursuite de près de 8 millions de dollars, obtenue par TVA Nouvelles, vise les sociétés Les Entreprises Danzo inc., 9368-2532 Québec inc. et Crackboom Maître Franchise inc., et deux individus en particulier, soit Jocelyn Grégoire et Daniel Jutras.

Ils ont tous adhéré à la bannière et au concept Crackboom de vente de publicité sur affichage numérique. En échange d’un investissement variant entre 45 000$ et 65 000$, on aurait laissé entendre que les profits annuels s’élèveraient entre 190 000$ et 430 000$. 

Dans la poursuite, les franchisés estiment avoir «été victimes d’une escroquerie les ayant incités à investir dans un concept et un modèle d’affaires que les défendeurs ont sciemment caché être voués à l’échec.»

«Ce sont de petits investisseurs floués par un système d’affichage qui est l’équivalent d’un iPad première génération, on est loin d’une technologie formidable. On faisait miroiter des revenus bruts dès la première année de plusieurs centaines de milliers de dollars, alors que tous les franchisés ont subi des pertes. Le plus grave selon nous, c’est que les défendeurs, Jocelyn Grégoire et Daniel Jutras, vendent encore aujourd’hui ce même type de produit’», déplore l’avocat des franchisés, Me Frédéric Gilbert de Fasken, qui entend faire la preuve de ce qu’il avance.

«Il y a eu des déclarations écrites, mais aussi des déclarations verbales fondées sur des informations que les défendeurs savaient fausses. Par exemple, le fait qu’il existait un réel réseau de franchises ou le fait que des revenus de cette nature-là avaient déjà été réalisés par le passé, tout ça s’est avéré faux», ajoute Me Gilbert.

«En un an et trois mois d’opérations, j’ai fait un gros 4500$. C’est très décevant. Initialement, j’étais très motivée, mais je me suis rendu compte que les revenus escomptés n’arriveraient pas. Au total, j’ai perdu 150 000$ dans l’aventure. Dans tout ce qu’on m’a dit, le seul estimé qui était vrai, c’était les dépenses», déplore Mme Gionest.

«J’étais consciente qu’il y avait un risque de s’embarquer en affaires, ça je comprends, mais au point de perdre autant d’argent, je ne m’attendais pas à ça, évidemment, puisque le franchiseur nous avait promis plusieurs choses, dont une redevance de 20% sur les publicités qui se gardaient sur nos écrans. Cette redevance n’a jamais eu lieu.»

Les défendeurs n’ont pas encore réagi.