/news/society

Recyclage: «c’est désastreux», dit l’opposition

Dominique Cambron-Goulet | Journal de Montréal

GEN-CENTRE-TRI-LACHINE

PHOTO D'ARCHIVES

L’opposition à l’Hôtel de Ville de Montréal juge «désastreux» que le tout nouveau centre de tri de Lachine produise des ballots de papier contaminés. 

Jeudi matin, notre Bureau d’enquête révélait que le papier récupéré qui sort du nouveau centre «à la fine pointe de technologie» de la Ville de Montréal a des taux de contamination variant de 10% à 20%. 

«Je veux bien croire qu’il y a une période de rodage, mais qu’un an après l’ouverture, on soit encore à 20% de contaminant, c’est désastreux, estime le conseiller municipal d’Ensemble Montréal Francesco Miele. On a payé le gros prix pour une installation qui devait nous rassurer sur la qualité des matières.»

Le centre de tri, qui a coûté près de 50 M$, doit notamment être équipé d’un système de nettoyage du verre. Il n’est toujours pas installé à ce jour. 

La Ville affirme que les retards sont dus au fait que l’ancien opérateur du centre, rebuts solides canadiens, s’est placé à l’abri de ses créanciers, avant d’être racheté cet été par l’entreprise Ricova.

Farfelu 

Selon M. Miele, ces «excuses» sont «farfelues». «C’est quasiment nous prendre pour des valises, s’offusque-t-il. Je ne peux pas comprendre que de la machinerie n’est pas encore installée. On a acheté la machinerie justement pour être maître chez nous.»

Il accuse l’administration de Valérie Plante d’avoir «perdu le contrôle» du dossier du recyclage. «Projet Montréal leur gestion environnementale est médiocre», dit-il. 

Francesco Miele se dit «inquiet» que l’opérateur du centre, Ricova, soit aussi le principal courtier qui achète les matières recyclables. 

Il souhaite que des «audits» soient réalisés par la Ville.

«Ricova a tout intérêt à dire que le taux de contaminant est plus élevé qu’il ne l’est en réalité parce que c’est la Ville de Montréal qui paie si notre matière ne se vend pas à l’étranger», soutient l’élu, rappelant les «opérations questionnables» de Ricova.

Dans les derniers jours, notre Bureau d’enquête révélait que cette entreprise cumule les litiges dans plusieurs villes, que l’Inspectrice générale de Montréal s’intéresse à son dossier et qu’elle fait des affaires au Panama, un paradis fiscal. 

«L’administration Plante doit dès aujourd’hui revoir le contrat du centre de tri de Lachine», juge Francesco Miele. 

Dans la même catégorie