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Trump retrouve Biden à Nashville pour un ultime débat

Agence France-Presse

Donald Trump et Joe Biden se retrouvent jeudi soir devant des millions de téléspectateurs pour un ultime duel télévisé, qui pourrait offrir la dernière grande occasion au président américain de rattraper son retard dans les sondages à 12 jours du scrutin.

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Le tempétueux milliardaire devrait redoubler ses attaques contre Joe Biden en évoquant les activités de son fils Hunter en Chine et en Ukraine, quand le candidat démocrate était vice-président de Barack Obama (2009-2017).

Ultra-protecteur de sa famille, Joe Biden devra éviter de s'emporter face à ces coups attendus. Il devrait aussi tenter de recentrer le débat sur la gestion par Donald Trump de la pandémie de coronavirus, qui a fait plus de 222 000 morts aux États-Unis.

Leurs «retrouvailles» se feront à Nashville, haut lieu de la musique country dans le Tennessee, à partir de 21h. Leur premier débat, fin septembre à Cleveland (Ohio), avait tourné au pugilat verbal.

En tête dans les sondages, le candidat démocrate de 77 ans avait traité le 45e président des États-Unis, 74 ans, de «menteur», de «raciste» puis de «clown». «Il n'y a rien d'intelligent en vous», avait rétorqué l'ancien homme d'affaires de New York.

Et rien n'indique que le ton sera, cette fois, plus courtois ou plus constructif entre les deux candidats, qui seront séparés par des parois en plexiglas en raison de la COVID-19.

Les équipes des deux candidats ont annoncé quelques heures avant le face-à-face qu'ils avaient été déclarés négatifs, Donald Trump s'étant plié à l'exercice à bord de l'avion présidentiel Air Force One.

Kyle Kondik, analyste politique de l'université de Virginie, estime que ce tête-à-tête est pour Donald Trump «l'une des dernières opportunités de changer la trajectoire de la course».

Pour Joe Biden, l'objectif est d'abord d'éviter tout faux-pas «pour le pas donner des munitions à l'équipe Trump».

Redoutant d'être le président d'un seul mandat, le républicain a accentué ces derniers jours ses attaques personnelles sur l'intégrité de son adversaire, martelant que la famille Biden est une «entreprise criminelle».

Il répète cette accusation depuis plusieurs semaines, sans éléments concrets à l'appui, et a même appelé le ministre de la Justice à enquêter.

Pour éviter la cacophonie de leur premier affrontement, le micro de chaque candidat sera coupé pendant les deux premières minutes de prise de parole de l'autre. 

«Je pense que c'est très injuste», a estimé Donald Trump, réitérant par ailleurs ses critiques contre la modératrice Kristen Welker, qu'il accuse d'être «une gauchiste démocrate endurcie».

Argument notamment avancé par le président américain: les parents de cette journaliste de 44 ans sont de fervents démocrates.

Donald Trump avait refusé un débat virtuel le 15 octobre, un format proposé pour éviter les risques d'infection après son diagnostic positif au coronavirus. 

«Incompétence»  

Fidèle à sa stratégie, centrée sur une omniprésence sur le terrain, le président américain a participé mercredi soir à un rassemblement de campagne en Caroline du Nord et retrouvera la Floride dès vendredi.

De son côté, et pour le troisième jour consécutif, Joe Biden est resté chez lui, dans le Delaware, sans le moindre événement public à son agenda.

C'est l'ancien président Barack Obama qui est monté en première ligne, après des mois de campagne virtuelle.

«Je ne m'intéresse pas aux sondages», a-t-il lancé depuis Philadelphie, rappelant qu'ils étaient favorables en 2016 à Hillary Clinton avant sa défaite surprise.

«Beaucoup de gens sont restés chez eux, ont été flemmards et complaisants», a-t-il souligné. «Pas cette fois! Pas lors de cette élection!», a-t-il martelé.

Dans un réquisitoire cinglant contre son successeur, Barack Obama a dénoncé un président qui s'est montré incapable de prendre son poste «au sérieux».

«Tweeter en regardant la télévision ne résout pas les problèmes», a-t-il lâché.

L'ex-président s'envolera samedi pour Miami, en Floride, un autre État crucial pour la victoire, où Joe Biden a une courte avance sur le républicain dans les sondages. 

Depuis Gastonia, en Caroline du Nord, l'actuel locataire de la Maison-Blanche a brièvement évoqué l'entrée en campagne de son prédécesseur, assurant que c'était une bonne nouvelle.

«Personne n'a autant fait campagne pour Hillary-la-crapule que Barack Obama», a-t-il ironisé.

Déjà plus de 45 millions d'Américains ont voté par courrier ou en personne, soit plus de 30% de la participation totale en 2016, selon l'organisation indépendante Elections Project.