/regional/montreal/montreal

Un restaurateur montréalais irrité par une visite de l’OQLF

Photo courtoisie, Carmine Anoia

Un restaurateur de Montréal dénonce la visite d’un inspecteur de l’Office québécois de la langue française (OQLF) au moment où son industrie traverse une crise sans précédent.

Carmine Anoia, copropriétaire des restaurants Kitchen 73, a reçu la visite de l’employé de l’OQLF jeudi après-midi à son établissement du boulevard Maurice-Duplessis à Rivière-des-Prairies.

On l’a informé que son commerce a fait l’objet d’une plainte pour une «possible contravention» à la Charte de la langue française et qu’un inspecteur devait vérifier si elle est fondée ou non.

Tension  

La tension semble être montée rapidement. M. Anoia ne cache pas qu’il était en «colère» en raison du moment choisi, faisant face à des temps difficiles causés par la pandémie, et parce que son entreprise, selon lui, a déjà «prouvé» à l’Office qu’elle répond «aux normes» il y a plusieurs années.

«Je ne comprends pas comment ils ont le “guts” de venir dans un établissement où tu vois qu’il y a des chaises et des tables et qu’il n’y a pas une personne dans la place», peste M. Anoia, dont la salle à manger ne peut ouvrir, étant située en zone rouge.

 Écoutez la chronique de Gilles Proulx sur QUB radio:

Bien que l’appellation de son commerce est anglophone, l’enseigne comporte plusieurs mots français comme «restaurant», «déjeuner», «dîner» et traiteur», mentionne-t-il.

L’OQLF se défend  

En réponse à nos questions, l’OQLF se dit «pleinement conscient du contexte de la COVID-19» et affirme tenter de «minimiser les impacts sur ses clientèles».

En ce qui concerne Kitchen 73, «l’inspecteur s’est identifié et a expliqué la raison de sa visite. Le propriétaire l’aurait rapidement invectivé», soulève la porte-parole Chantal Bouchard. Comme c’est la procédure, «l’inspecteur a immédiatement quitté les lieux sans faire l’inspection.»

Selon Mme Bouchard, le rôle de l’Office est parfois mal compris. «Quand on reçoit une plainte, on ne tient pas pour acquis que la personne n’est pas conforme. On reçoit des plaintes des citoyens [...] et notre travail est ensuite de faire des vérifications», dit-elle.

Si une infraction est constatée, l’Office tente d’avoir la collaboration de l’entreprise et aucune amende n’est remise. Dans de rares cas, le dossier est soumis à un procureur et l’affaire chemine devant la justice.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.