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Un septuagénaire de Dolbeau-Mistassini refuse d'avoir ses traitements de chimio à Alma

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

Un citoyen de Dolbeau-Mistassini atteint d'un cancer préfère cesser sa chimiothérapie plutôt que d'avoir ses traitements à l'Hôpital d'Alma.

Son hôpital local au Lac-Saint-Jean n'offre plus ses traitements. Il ne veut surtout pas s'approcher de l'éclosion en cours au centre hospitalier almatois, où une cinquantaine de cas positifs sont confirmés.

Il y a sept ans, Jean-Yves Tremblay, aujourd’hui âgé de 71 ans, a combattu un cancer du côlon qui, aujourd'hui, continue de s'attaquer à son foie.

En juillet dernier, il a cessé la chimiothérapie par voie orale pour revenir au traitement par intraveineuse comme on lui administrait à l'Hôpital de Dolbeau-Mistassini (CSSS Maria-Chapdeleine) avant la pandémie. Mais avec une réorganisation des équipes en raison de la crise, ce traitement n'est plus donné au centre dolmissois.

«Je ne vois pas pourquoi ils ferment la salle de traitement à Dolbeau, a dit Jean-Yves Tremblay. Tu ne peux pas laisser les soins fermés comme ça sans dire un mot.»

C'est à l'Hôpital d'Alma qu'on veut l'envoyer toutes les deux semaines pour recevoir son injection. Celle-ci dure quatre longues heures.

«Non, je n'irai pas pour mes traitements à Alma, a-t-il juré. J'ai 71 ans. Mon système immunitaire est très faible. Ils m'envoient dans un hôpital à Alma où c'est l'épicentre de la COVID.»

C'est la principale raison expliquant qu’il ait refusé, mardi, de recevoir des traitements de chimiothérapie à Alma. C'est même contraire, selon lui, aux consignes répétées des autorités.

«Le gouvernement dit: «si vous avez 70 ans et plus, sortez le moins possible. Restez chez vous. Vous êtes à risque». Moi, je suis encore bien plus à risque avec la maladie que j'ai.»

Sa deuxième raison: Alma est située à une heure de route de chez lui. «Quatre heures de traitement, une heure avant, une heure après, c'est quelque chose. Quand je les avais à Dolbeau, pas loin d'ici, j'étais bien content quand je revenais à la maison.»

Dernier argument, Dolbeau-Mistassini devrait reprendre ce service, à son avis. «Ce serait logique d'avoir mes traitements à Dolbeau à cinq minutes de la maison plutôt que d'aller à Alma. Je ne vois pas pourquoi on serait pénalisés. On paye les mêmes taxes. Tout est là. Il ne manque rien. Tout est là. Il manque juste de la bonne volonté. La COVID, c'est assez grave. Avoir le cancer c'est assez grave aussi.»

Au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la conseillère-cadre aux communications, Joëlle Savard, a indiqué que l’Hôpital de Dolbeau-Mistassini connaît un manque de personnel. C’est ce qui expliquerait l’incapacité à reprendre le service en chimiothérapie.

Elle a ajouté que toutes les mesures ont été prises avec les diverses équipes du CIUSSS pour sécuriser la circulation des usagers qui doivent fréquenter l’Hôpital d’Alma.