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«L'heure est grave» dans la grande région de Québec

Stéphanie Martin | Journal de Québec

«Si on ne se ressaisit pas rapidement, à Québec et sur la Rive-Sud, on s'expose à la possibilité que les citoyens ne puissent plus recevoir de soins dans certaines circonstances. C'est le mur qui nous guette si on ne casse pas la deuxième vague», a clamé la ministre Geneviève Guilbault, entourée des maires de Québec et Lévis, vendredi.

La situation était solennelle et la ministre a adopté un ton grave, en point de presse. Les chiffres de propagation du virus sont très inquiétants, a martelé la vice-première ministre du Québec, à Québec et dans la Chaudière-Appalaches. «On est tous réunis, les deux régions ensemble, pour envoyer un fort message d’unité en ces temps très, très difficiles.»

«L’heure est grave dans la Capitale-Nationale. On observe relâchement qui amène la croissance des cas et des problématiques majeures dans les deux régions. On a besoin de la collaboration de tout le monde pour freiner la propagation.»

C’était l’une des rares fois — ou sinon la première — où les deux maires se sont présentés ensemble sur la même tribune médiatique depuis décembre 2017. Il aura fallu une pandémie pour finalement les rapprocher, eux qui sont en froid depuis l’abandon par Lévis du projet de transport du SRB, en avril 2017. 

Mme Guilbault a avisé les citoyens que si la tendance n'est pas inversée, des citoyens pourraient ne pas recevoir les traitements qui leur sont nécessaires. Des diagnostics de cancer, des remplacements de la hanche, ou tout autre traitement en lien avec des activités médicales qui doivent être délestées pour faire de la place pour les patients atteints de la COVID-19. «Le délestage est déjà commencé», a soumis Mme Guilbault. 

«Quand c’est rendu que tu ne peux plus te faire opérer pour un problème de santé qui n’a rien avoir avec la COVID, c’est grave», a-t-elle exprimé. La «désinvolture» qui a fait son chemin dans la région, par lassitude ou par contestation, est principalement responsable de la propagation qui se fait surtout en milieu communautaire, a souligné la ministre.

«Du fond du cœur, je vous le demande comme ministre, résidente et citoyenne, je suis très inquiète. Je vous demande de redoubler d’efforts dans la limitation des contacts, le choix du télétravail, et limiter les sorties extérieures et le respect des règles de base.»

«On pense comprendre l’état de désarroi et de lassitude qui envahit les citoyens. Mon sentiment c'est qu'on on est à un point de bascule. C'est dangereux», a ajouté le maire de Québec, Régis Labeaume, qui a fait un lien avec sa propre situation, alors qu'il a déjà été diagnostiqué d'un cancer. Une attente à ce moment-là pour une opération aurait été très difficile à vivre, a-t-il exprimé.

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a voulu souligner la «solidatrité et le soutien de Lévis aux autorités de santé et au gouvernement. En Chaudière-Appalaches, le virus fauche une vie par jour en moyenne depuis la mi-septembre», a-t-il déploré.