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Explosion de cas de COVID-19 à la prison de Trois-Rivières

Cassandre Forcier-Martin | TVA Nouvelles

La tension et l'inquiétude ont monté d'un cran à l'intérieur du centre de détention de Trois-Rivières. Le nombre de cas de COVID-19 explose et un détenu a contacté TVA Nouvelles pour briser le silence et dénoncer l’«improvisation» à l'interne.

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«J'ai peur de contracter le virus et qu'il rentre dans mon secteur. Puisqu'ils ne peuvent pas complètement nous isoler, dans notre secteur, on partage deux toilettes et des douches, donc ils ne peuvent pas nous isoler dans nos cellules parce qu'on n'aurait pas de toilette. Donc, on circule et on partage les mêmes installations pour nos besoins essentiels», a témoigné ce détenu, sous le couvert de l'anonymat.

En une semaine, le nombre de cas a augmenté à la vitesse grand V dans le centre de détention. Le 16 octobre, la santé publique en recensait deux. Sept jours plus tard, le bilan est de 23, dont 13 détenus et 10 travailleurs, pour la plupart des agents correctionnels.

«Ça fait un moment que je suis là et j'ai plus de contact avec ma famille parce qu'ils ont enlevé le droit aux vidéoconférences. J'ai deux enfants et là je peux seulement faire des appels. Je pense qu'ils devraient permettre les vidéoconférences pour aider le moral de tout le monde, mais imposer un isolement. Encore aujourd'hui, ce sont les détenus qui font la vaisselle et ils circulent d'un secteur à l'autre. L'isolement n'est pas complet partout», a ajouté le détenu.

L'éclosion serait concentrée dans un seul pavillon. Le problème soulevé par le détenu est le même que celui amené par syndicat national : les déplacements se poursuivent entre les différentes zones.

«Il y a une méconnaissance de la santé publique sur notre réalité carcérale. Ils nous comparent à des secteurs d'hébergement comme des CHSLD ou autres, avec des zones chaudes ou froides, mais ce n'est pas la même réalité», a expliqué le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie.

«Nous, les agents, on n'a pas le choix de se promener entre les secteurs, sinon ça prendrait le double d'effectif. C'est impossible! D'autant plus qu'il y a 400 postes vacants au Québec. Puis là dans un contexte d'éclosion, bien l'équipe de Trois-Rivières doit travailler avec un manque d'effectif d'environ 30 %», a-t-il ajouté.

Un dépistage massif de tous les détenus a été effectué. Le bilan pourrait donc encore s'alourdir.