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La commissaire à l'information critique la ministre de la Santé

Émilie Bergeron

GUILLAUME ST-PIERRE/AGENCE QMI

La commissaire à l’information rabroue la ministre de la Santé, Patty Hajdu, qui a affirmé que la divulgation de documents n’est pas la priorité en pleine pandémie.

«La commissaire est très déçue par [cette] déclaration sur l’accès à l’information», a dit vendredi le bureau de celle qui agit comme chien de garde de la transparence au fédéral, Caroline Maynard. 

«La commissaire a sonné l'alarme sur la nécessité d'un leadership fort au sein du gouvernement et d'une augmentation des ressources pour régler les problèmes importants du système [d’accès à l’information] depuis le début de la pandémie», a ajouté son bureau sur Twitter. 

Jeudi, Mme Hajdu a soutenu que la priorité du moment, exprimée par les Canadiens, était de diriger toutes les ressources possibles de son ministère dans la lutte à la COVID-19 et non dans l’accès à l’information. 

«J’ai parlé à des centaines de Canadiens, voire des milliers, depuis que la pandémie a commencé à toucher [le Canada]. Aucun d’entre eux ne m’a demandé de mettre plus de ressources dans des agents d’accès à l’information», a-t-elle plaidé durant la période de questions. 

Vendredi, la ministre a promis de s’entretenir avec le commissariat à l’information, après que celui-ci eut critiqué ses propos, pour s'assurer que son ministère réponde aux demandes d'accès à l'information. Réagissant via Twitter, elle a soutenu que Santé Canada avait fait preuve de transparence pour informer les Canadiens, depuis le début de la crise de la COVID-19, sur les meilleures façons de se protéger. 

La Loi sur l’accès à l’information permet à tout citoyen qui en fait la demande d’obtenir des documents internes de l’appareil fédéral. Or, plus de la moitié des agences et ministères fédéraux ne traitent pas pleinement ces requêtes, a révélé le «Winnipeg Free Press». Le ministère de la Santé, névralgique durant une pandémie, fait partie de ce piètre bilan. 

Cette paralysie dans la divulgation de documents s’explique par le fait que des fonctionnaires s’occupant normalement de requêtes d’accès à l’information sont en télétravail en raison de la pandémie et n’ont pas accès aux ressources nécessaires pour continuer leur travail. Notons que, bien avant la crise de la COVID-19, un sous-financement du système d’accès à l’information au fil des ans avait déjà profondément nui à son fonctionnement. 

La Loi sur l’accès à l’information enjoint les organisations fédérales de répondre aux demandes de divulgation de documents dans les 30 jours, mais les délais supplémentaires sont monnaie courante et atteignent parfois plus d’un an.