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Le Sénat entame péniblement les débats sur la juge nommée par Trump à la Cour suprême

Agence France-Presse

Les républicains ont affiché leur volonté de donner leur feu vert dès lundi à la juge nommée par Donald Trump à la Cour suprême, malgré les manoeuvres dilatoires des démocrates à l'ouverture des débats au Sénat vendredi.

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«Nous sommes ici pour considérer les qualifications exceptionnelles» de la magistrate Amy Coney Barrett, a déclaré le chef de la majorité républicaine à la chambre haute du Congrès, Mitch McConnell.

«Mettons-nous au travail», a-t-il ajouté, sans cacher sa détermination à aller vite. 

«Nous allons donner à cette candidate les votes qu'elle mérite pas plus tard que lundi», a poursuivi M. McConnell, balayant les appels démocrates à attendre le résultat des élections du 3 novembre.

Les républicains «supervisent le processus le plus partisan, le plus hypocrite et le moins légitime de l'histoire» des confirmations à la Cour suprême, a critiqué le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer, qui a soumis une série de motions pour ralentir les débats.

Malgré ses efforts, il a peu de leviers pour faire dérailler le processus. 

En vertu de la Constitution, le Sénat doit donner son feu vert aux juges fédéraux nommés par le président. Depuis 2013, les règles ont changé et ce vote pour des postes à vie ne nécessite plus qu'une majorité simple. 

Disposant de 53 élus sur 100 à la chambre haute, les républicains sont donc quasi assurés de pouvoir confirmer Amy Coney Barrett, malgré la défection annoncée de deux de leurs sénatrices, Lisa Murkowski et Susan Collins.

Ce n'est pas parce que le Sénat »peut le faire qu'il doit s'abstenir de se demander s'il doit le faire», a rétorqué Chuck Schumer en rappelant que Mitch McConnell avait refusé en 2016 d'auditionner un juge nommé à la Cour suprême par Barack Obama, sous prétexte que les élections étaient trop proches.

Pour lui, ce passage en force est une «erreur historique et colossale» qui pèsera lourd à l'avenir.

L'arrivée probable de la juge Barrett au poste laissé vacant par le décès, le 18 septembre, de l'icône progressiste Ruth Bader Ginsburg modifiera considérablement l'équilibre au sein de la haute juridiction. 

La magistrate de 48 ans, une fervente catholique opposée à l'avortement, va consolider la majorité conservatrice, qui aura désormais six juges sur neuf.

Si elle est confirmée en début de semaine prochaine, elle pourrait participer à sa première audience dès le 2 novembre, la veille de l'élection présidentielle.