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Surcharge de travail: des enseignants rêvent déjà à la pause de Noël

Kate Tremblay | TVA Nouvelles

À l'instar du reste de la province, des enseignants de niveau collégial du Saguenay-Lac-Saint-Jean rêvent déjà à leurs congés du temps des Fêtes.

La détresse psychologique est en hausse au sein du corps professoral régional en raison de la pandémie, selon les résultats d'un sondage mené dans plusieurs établissements du Québec.

«Il ne faut pas attendre de frapper un mur», a lancé vendredi le président du Syndicat des enseignants du Cégep de Jonquière, Frédéric David.

Soixante pour cent des enseignants de l'établissement qui ont été interrogés affirment vivre de la détresse psychologique à différents degrés.

«Il y en a plusieurs qui consultent leur médecin présentement parce qu'ils sont complètement épuisés, a soutenu M. David. On a un département en particulier où on nous a dit que cinq professeurs pensent à partir parce qu'ils n'y arrivent plus.»

«Après deux semaines, les enseignants étaient aussi épuisés qu'à la fin de la session», a noté, de son côté, le président du Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Saint-Félicien, Pierre-Luc Ménard.

Plus de la moitié des enseignants sondés disent ressentir un niveau élevé de détresse dans cet établissement situé au Lac-Saint-Jean.

Au Cégep de Chicoutimi, à Saguenay, les enseignants n'ont pas été interrogés, mais l'épuisement les guette également.

«J'ai des membres qui sont venus me dire qu'ils étaient fatigués, mais par professionnalisme, ils ne veulent pas quitter pour ne pas laisser l'équipe et les jeunes de côté», a expliqué la représentante syndicale des enseignants du Cégep de Chicoutimi, France Devin.

La surcharge de travail provoquée par l'adaptation des cours en ligne et l'encadrement des étudiants à distance est à l'origine de cette détresse, toujours selon les résultats du sondage.

Mme Devin précise qu'un enseignant peut recevoir jusqu'à 50 courriels d'étudiants quotidiennement, souvent les soirs et les week-ends.

«Il n'y a plus de coupe entre le travail et la maison, et c'est ça qui devient difficile au niveau psychologique», a-t-elle indiqué.

La préparation des stages est aussi de plus en plus complexe pour les enseignants.

Ils doivent redoubler d'efforts pour convaincre les employeurs d'introduire des stagiaires dans leur milieu de travail, en pleine pandémie.

«C'est important que le ministère reconnaisse la surcharge de travail, ce qu'il refuse de faire actuellement», a souligné Frédéric David.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a récemment accepté de le rencontrer et s'est engagé à faire des représentations auprès de ses confrères de l'Assemblée nationale.

Selon les représentants syndicaux, les directions locales des établissements ont la volonté d'aider leurs enseignants, mais leurs moyens financiers sont limités.

La solution est pourtant simple, selon Pierre-Luc Ménard. «Ça nous prend de l'aide financière qui va permettre d'embaucher des enseignants supplémentaires», a-t-il dit.