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Télétravail: Labeaume qualifié «d’opportuniste» par un chef syndical

Taïeb Moalla | Journal de Québec

Photo Didier Debusschère

En litige avec l’administration municipale concernant l’enjeu du télétravail, le chef du syndicat des cols blancs de la Ville de Québec a carrément qualifié le maire Labeaume «d’opportuniste». 

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«C’est un opportuniste. Il a été aujourd’hui [vendredi] devant la TV [conférence de presse avec la ministre Geneviève Guilbault]. Mais de l’autre bord, c’est pas le discours qu’il a à l’interne dans sa boîte», a déploré le chef syndical, Réal Pleau.

«Le maire est là juste pour se faire voir. Il se contredit par rapport à ce qu’il fait au quotidien. Ç’a pas de bon sens».

Réal Pleau, Leader syndical

Photo d'archives

Réal Pleau, Leader syndical

Grief

Il y a deux semaines, les cols blancs ont déposé un grief qui vise essentiellement une centaine d’employés du service 311. Ces derniers sont obligés de se présenter au bureau même si la Capitale-Nationale est en zone rouge depuis le 1er octobre. Ces mêmes employés travaillaient à partir de leurs domiciles, le printemps dernier, lors de la première vague de la pandémie. 

«Une des raisons évoquées par la Ville [pour ne pas permettre le télétravail] est la difficulté d’enregistrer les conversations», s’est indigné M. Pleau en affirmant qu’il est possible de régler ce problème technique.

«Demande de sauvegarde» 

Une audience sur le grief a eu lieu lundi dernier devant le Tribunal administratif du travail (TAT). Les syndiqués ont déposé une «demande de sauvegarde» pour que l’arbitre du TAT prononce, de façon urgente, un retour au télétravail. La décision de l’arbitre est attendue dans les prochains jours. 

À la Ville, selon la porte-parole Rose-Marie Ayotte, le télétravail est appliqué «sauf lorsqu’il s’agit de services essentiels ou dans le cas où la prestation de service n’est pas pleinement donnée à la population». 

Cette dernière n’a cependant pas voulu commenter directement le dossier des cols blancs, puisque l’affaire est désormais judiciarisée. François Moisan, attaché de presse du maire Labeaume, n’a pas non plus réagi à la sortie de M. Pleau.