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Descente aux enfers dans «Combat des ombres»

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Pour son nouveau long métrage traitant de dépendance aux opioïdes, le Montréalais Joey Klein réunit Alex Wolff, Imogen Potts et Neve Campbell.

Présenté au Festival de Toronto de 2019, «Combat des ombres» aurait du être projeté en salle, n’eût été de la pandémie. Proposé en vidéo sur demande, ce drame ne fait pas dans la dentelle. Le sujet, l’épidémie d’opioïdes, est traité à travers l’histoire d’Henry (Alex Wolff) dont la mère monoparentale Rebecca (Neve Campbell) est atteinte d’un cancer. Dépendante aux opiacés, elle ne tarde pas à succomber à la maladie, laissant son fils de 19 ans seul.

Rapidement, Henry noie son chagrin dans les pilules de sa mère. Puisqu’en parallèle, il a fait plus ample connaissance – à la pharmacie, rien de moins – avec Ana (Imogen Poots), sa voisine bruyante, archétype de la droguée, le jeune homme sombre de plus en plus dans la dépendance.

Voulant probablement ajouter un élément de suspense, Joey Klein (aussi acteur et vu il y a trois ans dans «We’re Still Together» avec Christian Bégin et Patrick Huard) ajoute meurtre et disparition de comprimés. Malheureusement, plutôt que de happer le cinéphile, cet ajout inutile brouille les cartes. Car, par certains aspects – notamment sa description de l’addiction et de la violence du milieu des drogués et des vendeurs, «Combat des ombres» fait penser à l’inspiré «Retour à Brooklyn» de Darren Aronofsky.

En plus du montage sonore et de la direction de la photographie (les contre-jours, les éclairages sombres et les gros plans dominent), on salue également les prestations des acteurs, tous excellents – Imogen Poots est parfaite en droguée pénible – qui parviennent à donner une indispensable épaisseur à leurs personnages, élément manquant du scénario.

Note: 3 sur 5