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La conseillère expulsée de Projet Montréal siégera comme indépendante

Agence QMI

PHOTO AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS

Julie-Pascale Provost, la conseillère d’arrondissement de Lachine qui a été expulsée vendredi du caucus de Projet Montréal a l’intention de siéger comme indépendante et de se présenter aux prochaines élections municipales.

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«C’est trois ans de relations extrêmement difficiles qui étaient devenues contre-productives», avait déclaré vendredi à l’Agence QMI Julien Acosta, directeur des communications de Projet Montréal, pour justifier la décision du parti.

Selon M. Acosta, «il était difficile pour Mme Provost de travailler avec les élus, les fonctionnaires, les bénévoles de Projet Montréal et les différentes parties prenantes à Lachine».

Mme Provost, qui est conseillère d’arrondissement du district du Canal, n’est pas d’accord avec cette version des faits.

«Je trouve ça vraiment plate la lettre qui a été écrite [par Projet Montréal], qui sous-entend des problématiques qui ne m’ont jamais été soumises. C’est comme si j’avais des problèmes comportementaux, ou des problèmes de gestion des relations interpersonnelles, et ça, je ne sais pas d’où ça sort», a-t-elle indiqué en entrevue samedi.

Selon Mme Provost, c’est sa décision de voter contre le projet de réaménagement de la marina de Lachine en parc riverain, en opposition avec la ligne de parti, qui lui aurait coûté son affiliation avec la formation politique de la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Elle a par ailleurs jugé «cavalière» la manière dont on lui a montré la porte.

Le 8 juillet dernier, l’administration Plante a annoncé que la marine de Lachine, la plus importante du Québec, serait réaménagée en parc riverain pour 2025.

Dans une vidéo publiée sur YouTube, puis relayée sur sa page Facebook le 24 septembre, Julie-Pascale Provost a allégué que Projet Montréal l’empêchait d’avoir accès à des documents liés au projet de réaménagement. L'absence d'informations aurait justifié sa décision de voter contre le projet.

«J’étais consciente qu’il y avait un risque [de voter contre la ligne de parti]. Maintenant, si les principes que l’on dit défendre sont appliqués, il n’y aurait pas dû y avoir de représailles, dans la mesure où il n’y a pas de ligne de parti. Or, force est de constater que ça n’a pas fait leur affaire», a-t-elle dit.

Alan DeSousa, maire de l’arrondissement de Saint-Laurent et membre de l’opposition, a évoqué la même thèse dans un communiqué diffusé en soirée, vendredi.

Comportement de la mairesse

Julie-Pascale Provost a par ailleurs allégué que les relations ont effectivement été par moments difficiles à l’arrondissement, mais à cause du «comportement de la mairesse», Maja Vodanovic, avec le reste de ses collègues.

Un comportement qui, selon Mme Provost, aurait forcé une procédure de médiation entre Mme Vodanovic et son équipe l’année dernière, au moment où éclatait la controverse avec la mairesse de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery.

«C’était un problème de leadership, un problème d’intégrité de la part de la mairesse Vodanovic, qui elle devait avoir un support externe pour pouvoir l’encadrer dans son rôle de mairesse», a émis la conseillère indépendante.

La médiation se serait soldée par un échec, toujours selon elle.

Mme Provost a pris la décision de siéger comme indépendante, mais ne sait toujours pas si elle restera indépendante ou se greffera à un autre parti lors du scrutin du 7 novembre 2021.