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Les libéraux s’attaquent au politiquement correct avec une pétition

Agence QMI

Photo d'archives, Geneviève Lajoie

Le Parti libéral du Québec a lancé vendredi une pétition «pour mettre fin à la dérive du politiquement correct» car, est-il écrit sur le site web du parti, «il est fondamental de pouvoir nommer les choses dans un contexte académique pour pouvoir les comprendre et en débattre».

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«La liberté d’expression, la capacité de débattre, c’est essentiel dans notre société, a lancé la cheffe du parti, Dominique Anglade, dans une vidéo accompagnant la pétition. Il faut que l’on puisse avoir des endroits on l’on est capables de se dire les vraies choses de manière respectueuse.»

Mme Anglade était déjà intervenue sur différentes tribunes dans le débat autour des paramètres encadrant l’utilisation du mot n-- qui a défrayé la manchette des journaux, suscité l’émoi et lancé une foule de discussions sur les réseaux sociaux.

Le sujet a fait son apparition dans les médias alors qu’une professeure de l’Université d’Ottawa, Verushka Lieutenant-Duval, a été temporairement suspendue après que des élèves se soient plaints qu’elle ait prononcé la variante anglaise du terme n-- afin d’établir un parallèle avec le terme « queer ».

«Dans les dernières semaines, on a vu tout un débat autour de nos universités, particulièrement autour de l’utilisation d’un mot : le mot n—(prononcé tel quel dans le vidéo). Évidemment, c’est un mot qui est chargé émotivement parce qu’il fait référence à toute la période de l’esclavage, parce qu’il fait référence au colonialisme, parce qu’il fait aussi référence à du racisme systémique que l’on voit», a déclaré Dominique Anglade.

La cheffe libérale, dont la position sur la question est désormais connue, a porté les choses un peu plus loin en invitant la population québécoise à signer une pétition dénonçant les dérives du politiquement correct et la censure à l’université.

«Mais il faut aussi savoir nommer les choses et avoir des lieux où on est capables de débattre, a-t-elle poursuivi. Nos universités ce sont ces lieux-là. Parlons-nous ouvertement des enjeux que nous connaissons. Utilisons les mots qu’il faut que l’on utilise, et collectivement, sortons-en plus grands, plus enrichis, avec une société qui sera plus juste, plus équitable, et où chacun peut véritablement atteindre son plein potentiel.»

«Pour moi, c’est ça un Québec qui est fort», a conclu Mme Anglade, la première femme d’origine haïtienne à devenir cheffe d’un parti politique au Québec.

Le lien vers la page web a été partagé par le Parti libéral du Québec sur Facebook vendredi, ainsi que par Gaétan Barrette sur son compte samedi.