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Trudeau ne veut pas d'élections anticipées en pleine pandémie

Agence France-Presse

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a démenti samedi vouloir déclencher des élections anticipées pour profiter de sa popularité en pleine pandémie, se disant «content» d'avoir échappé à des législatives lors d'un vote au Parlement cette semaine.

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«Je suis content qu'on n'ait pas d'élections, je pense que tout le monde est content qu'il n'y ait pas d'élections», a affirmé M. Trudeau, samedi, lors d'une entrevue avec Eve-Marie Lortie à l'émission Salut Bonjour week-end.

«Personne ne voulait d'élection pendant la pandémie», a ajouté celui qui est à la tête d'un gouvernement minoritaire depuis octobre 2019.

M. Trudeau avait prévenu, en début de semaine, qu'il déclencherait des élections anticipées si l'opposition à la Chambre des communes approuvait un projet des conservateurs de créer une commission d'enquête sur un scandale éthique le visant directement.

Le premier ministre estime qu'une telle commission aurait risqué de paralyser le travail de l'exécutif en pleine deuxième vague de pandémie de coronavirus. Mais l'opposition et plusieurs commentateurs ont soupçonné une manoeuvre visant à provoquer des élections anticipées pour profiter des bons sondages pour le premier ministre, qui a distribué plusieurs centaines de milliards de dollars canadiens en aides diverses aux Canadiens.

La motion de l'opposition a finalement été rejetée mercredi, avec l'appui du Nouveau parti démocratique (NPD), écartant -provisoirement- la perspective d'élections anticipées.

Justin Trudeau a démenti tout calcul politique. «Les seuls calculs que je fais, c'est comment je vais aider plus de gens, comment est-ce qu'on va continuer d'être là pour appuyer les familles à travers le pays», a-t-il affirmé à Eve-Marie Lortie.

«Il fallait avoir un parlement qui fonctionne, on l'a, on va continuer de travailler avec les autres partis», a-t-il promis.

La commission proposée par les conservateurs et au sein de laquelle l'opposition aurait été majoritaire, devait approfondir l'affaire «Unis», nom en français de l'association caritative We Charity au coeur de ce scandale.

Maintenant dissoute, cette association avait reçu au début de l'été un important contrat gouvernemental alors qu'elle avait rémunéré des membres de la famille de M. Trudeau, dont son épouse, sa mère et son frère. Le contrat gouvernemental avait finalement été résilié.

Les derniers sondages créditent les Libéraux au pouvoir d'une avance d'au moins sept points sur les conservateurs.