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Le spectre d’une troisième vague

Jérémy Bernier| Journal de Québec

The young woman with medical mask on her face stands on the crowded street

Photo Adobe Stock

Bien qu’on semble avoir atteint un plateau, la deuxième vague est loin d’être terminée au Québec et un relâchement des mesures trop précoce pourrait même mener à la création d’une troisième vague, estiment des experts. 

Le 29 septembre dernier, François Legault mentionnait la possibilité qu’il y ait plus de deux vagues de la pandémie dans la province. « Tant qu’on n’aura pas de vaccin, il y a des possibilités qu’il y ait trois ou quatre vagues », laissait entendre le premier ministre. 

S’il n’y a pas encore officiellement de troisième vague de COVID-19 dans le monde, même si on commence à l’évoquer aux États-Unis, cette éventualité est bien réelle, d’après la Dre Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue à l’Université de Montréal.  

« La deuxième vague n’est pas finie, même si on semble avoir atteint un certain plateau. Mais si on réussit à baisser le nombre de cas dans les prochaines semaines, puis qu’on rouvre des secteurs et qu’on relâche les mesures, c’est là qu’on va voir arriver une troisième vague », avertit la Dre Tremblay. 

« Les conditions — l’hiver et le fait qu’on reste en dedans à cette période de l’année — seront toujours là pour favoriser la transmission », explique-t-elle. 

Encore plusieurs mois 

« On sera bientôt dans un moment charnière », souligne pour sa part le professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, le Dr Thomas Druetz. 

Pour lui, il est « possible » que la deuxième vague s’essouffle au courant des prochaines semaines, mais tout comme la Dre Tremblay, il rappelle de ne pas baisser la garde.

Le gouvernement devra maintenir les consignes sanitaires le plus longtemps possible, quitte à perdre du capital politique, tant que la transmission ne sera pas réduite au minimum, dit-il. 

« Il ne faut surtout pas [lever les mesures] trop tôt parce que la marmite continuera d’être très chaude et pourra se mettre à bouillir très rapidement », soutient le Dr Druetz, qui ne s’attend pas à un retour à la normale avant de nombreux mois. 

Un vaccin à temps ? 

« Avec un peu de chance, un vaccin va peut-être arriver avant une 3e vague. Plusieurs compagnies prévoient demander une autorisation pour leur vaccin d’ici la fin de l’année », souligne Cécile Tremblay.

Mais la microbiologiste-infectiologue précise que ça pourrait prendre un certain temps avant qu’un tel traitement soit déployé. 

Un délai qui pourrait être trop important pour prévenir un nouveau déferlement de cas, croit le Dr Druetz. 

« On n’a pas encore trouvé de stratégie populationnelle qui empêcherait une nouvelle vague, donc si elle survient aussi rapidement que la deuxième, je suis loin d’être sûr qu’un vaccin sera prêt à ce moment-là », ajoute-t-il.