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Objectif mi-2021 pour le vaccin de Medicago

Dominique Lelièvre et TVA Nouvelles

Si les essais cliniques sont concluants, Medicago serait en mesure de produire suffisamment de doses pour offrir son vaccin contre la COVID-19 à tous les Canadiens avant la fin de la prochaine année.

• À lire aussi: Ottawa investit 173 millions $ pour le candidat-vaccin de Medicago

La société biopharmaceutique de Québec est la première au pays à conclure un partenariat avec le gouvernement fédéral pour lui fournir des doses de son vaccin contre la COVID-19, à condition que celui-ci franchisse avec succès toutes les étapes cliniques.

Cette entente, dans un contexte de pandémie mondiale, est importante dans la planification du gouvernement fédéral.

«On a la capacité de produire des vaccins au Canada. On a vu, au début de la pandémie, que l’arrivée du matériel de protection pouvait être retardée lorsque ça venait de l’extérieur du pays. D’avoir les installations au Canada, c’est important quand on pense à la réponse pandémique», explique Nathalie Charland, directrice senior des affaires scientifiques et médiales chez Medicago.

L’entreprise assure qu’elle aura la capacité de produire jusqu’à 80 millions de doses dès l’an prochain, soit assez pour couvrir la commande fédérale. L’objectif est toujours de livrer les premières doses à partir de la mi-2021, confirme Mme Charland.

Les résultats de la phase 1 des tests du vaccin candidat, sur 180 individus, sont attendus prochainement. La phase 2 sur quelque 500 personnes pourrait commencer dès le mois prochain. «C’est presque demain! On est très occupés, comme vous pouvez l’imaginer», lance Mme Charland.

La phase 3, durant laquelle Medicago testera l’efficacité même de son candidat-vaccin, pourrait s’amorcer aussi tôt qu’en décembre et nous mener à une homologation par Santé Canada vers le début de l’été 2021.

«On parle de dizaines de milliers de personnes qu’il faut vacciner pour tester l’efficacité, donc ça prend quand même du temps et il faut analyser ces résultats», rappelle Mme Charland.

Or, ce n’est pas un hasard si l’entente dévoilée vendredi prévoit la livraison de «jusqu’à» 76 millions de doses, soit deux fois la population canadienne. «On s’attend à ce que l’on ait besoin d’une deuxième dose, qu’on appelle une dose de rappel, pour avoir une réponse protectrice optimale», précise Mme Charland.

Investissements 

Il n’est pas exclu qu’une seule dose suffise, mais «on ne veut vraiment pas se tromper», dit Mme Charland. C’est la troisième et ultime phase des tests sur les humains, qui pourrait débuter aussi tôt qu’en décembre prochain et fera appel à des milliers de volontaires, qui permettra de déterminer si une dose suffit ou s’il en faut deux.

Tout en réservant ces doses, le gouvernement canadien a offert 173 millions $ pour soutenir le développement du vaccin candidat, conçu avec la plateforme sur plantes de Medicago. 

Cet argent financera la tenue des prochains essais cliniques et permettra à la compagnie québécoise d’augmenter sa capacité de production. «D’avoir cette confiance-là de notre propre gouvernement, c’est très apprécié à l’interne», reconnaît Nathalie Charland.

Des fonds iront à la construction — déjà entamée — de la future usine de Medicago dans le secteur d’Estimauville à Beauport, mais comme celle-ci ne doit être inaugurée qu’en 2023, des investissements seront nécessaires dans ses sites actuels sur l’avenue Watt et dans le parc technologique à Québec.

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