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Le recteur de l'Université d'Ottawa campe sur sa position

Jadrino Huot | TVA Nouvelles

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Photo d'archives

Le recteur de l'Université d'Ottawa a, de nouveau, défendu sa décision de suspendre temporairement une professeure qui a utilisé le mot «n****» en classe au cours d'une réunion tenue lundi qui a permis à des étudiants de dénoncer des actes racistes commis au sein de l'institution.

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Pris au cœur de la tourmente pour avoir suspendu la professeure Verushka Lieutenant-Duval parce qu'elle avait utilisé le mot «n****» dans un contexte pédagogique à la fin septembre, le recteur Jacques Frémont a lu une déclaration officielle environ une heure après le début de la réunion virtuelle du Bureau des gouverneurs, à laquelle assistaient quelque 80 personnes.

«Les mots sont importants. On ne peut utiliser un vocable plus grossier et inacceptable (que le mot "n****")», a-t-il fait valoir.

M. Frémont a avoué que le Comité consultatif actuel sur le racisme et l’inclusivité à l’Université d’Ottawa n’a pas atteint ses objectifs. Ce comité ne s’est d’ailleurs rencontré qu’une seule fois depuis sa mise en place en juin 2019.

«Le temps n’est plus aux consultations, mais bien à l’action. Nous avons une obligation mutuelle d’assurer la sécurité de tous, et ce, même lorsque nous abordons des enjeux délicats», a précisé le recteur en réponse aux demandes des représentants des étudiants.

Par ailleurs, des étudiants qui prenaient part à la réunion ont fait état de divers actes de racisme commis entre les murs de l'université.

Des imprimantes piratées pour afficher des messages racistes, une enquête policière lancée pour un crime haineux visant un employé noir et des membres de minorités visibles qui se font dire qu’ils ne méritent pas d’être à l’Université d’Ottawa s’ils n’acceptent pas d’entendre le mot «n****» en classe ne sont que quelques exemples brandis lundi en fin d’après-midi.

Selon l’un des étudiants siégeant sur ce comité, Jamie Ghossein, ce mot aurait même été utilisé lors d’un autre cours après le premier incident. Il s’est dit profondément déçu, voire troublé, par l’appui qu’ont donné certains professeurs à leur collègue suspendue.

Une autre membre du caucus, Claudette Commanda, une Algonquine de Kitigan Zibi, un territoire autochtone situé non loin de Maniwaki en Outaouais, a indiqué qu’elle ne compte plus les fois où elle a été traitée de «sauvage» sur le campus.

Ces cas soulevés ne seraient par ailleurs que la pointe de l’iceberg, alors que la réunion publique se poursuivait ensuite à huis clos. M. Ghossein a retenu certains renseignements pour la deuxième partie, car ils renferment des renseignements personnels sur certains individus.