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Le projet de gazoduc divise la Mauricie

Sébastien Houle | TVA Nouvelles

La deuxième partie des audiences publiques sur le projet de gaz liquéfié d'Énergie Saguenay se sont ouverte lundi, de manière virtuelle.

Le gazoduc qui servirait à acheminer le gaz naturel vers le complexe industriel projeté traverserait le territoire de La Tuque, en Mauricie, sur une portion de près de 170 km. La Ville présentait son mémoire en après-midi, devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

D'entrée de jeu, le maire Pierre-David Tremblay a souligné que la ville se montrait favorable au projet GNL. La Ville de La Tuque, dont le budget municipal s'élève à environ 30 millions $, a évoqué qu'elle percevrait des redevances annuelles de 10 millions $ pour les 25 prochaines années, si le projet devait voir le jour.

Dans son mémoire de 12 pages, la Ville soutient notamment que le projet «permettra une transition vers des énergies plus vertes, puisque le gaz naturel remplacera des énergies plus polluantes dans différents pays du monde». Un argumentaire que les opposants ballaient du revers de la main.

Geneviève Richard, fondatrice du comité citoyen «Mauricie terre unie», avance ainsi que les émissions de méthane sont 86 fois plus nocives que les émissions de CO2. De plus, les calculs de la compagnie ne tiennent pas compte du fait que les puits continueront à fuir, longtemps après la fin de leur exploitation, a continué la militante. Lors de sa présentation, la citoyenne de Saint-Sévère, dans la MRC de Maskinongé, s'est questionnée à savoir si le projet était de nature à faire rêver les gens de sa génération et de celles qui suivront.

Par ailleurs, la Nation atikamekw, dont le territoire serait traversé par le gazoduc, n'a pas encore pris officiellement position sur le projet.

Le rapport du BAPE est attendu au début de 2021. Il reviendra ensuite au ministre de l'Environnement de donner son appui ou non au projet. Rappelons qu'il ne sera pas tenu de suivre les recommandations des commissaires du BAPE.