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Les facteurs à considérer avant de fuir vers la banlieue

Ghislain Larochelle | Journal de Montréal

Young family relocating from a city to suburbs or a small town for remote work, EPS 8 vector illustration

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La pandémie vous pousse-t-elle à vouloir quitter la ville pour acheter une maison en banlieue ou en région ? Attention aux coups de tête. 

Plusieurs citadins ont récemment fait le choix de s’établir dans une région où il y a moins d’âmes au pied carré. Le besoin d’espace, la « paix », le ras-le-bol du confinement : voilà des raisons qui poussent les gens à déserter la ville pour la banlieue, ou même la campagne. 

L’idée peut sembler bonne, mais attention : ce pourrait être un chamboulement en ce qui concerne vos finances personnelles. 

Voici ce qu’il faut considérer : 

LE PRIX D’ACHAT

Vous apprêtez-vous à payer trop cher ? 

À l’extérieur de la ville, les maisons sont moins dispendieuses, mais le marché est à l’avantage des vendeurs. Dans plusieurs régions, l’inventaire de maisons à vendre est faible, la demande est forte et les prix ont beaucoup augmenté dans les derniers mois. Il n’est pas rare de voir des cas de surenchère.

Par exemple, le prix médian des maisons vendues à Laval en septembre était de 430 000 $ (selon les données de l’APCIQ), ce qui constitue une augmentation de 23 % par rapport à l’an dernier. Sur la Rive-Nord et la Rive-Sud, il faut payer 365 000 $ et 429 950 $, soit 28 % et 20 % de plus qu’il y a douze mois. 

Sur l’île de Montréal, le prix médian demeure plus élevé qu’en banlieue (630 000 $), mais les prix n’ont augmenté « que » de 18 % dans les derniers mois. 

LA PROXIMITÉ

Si vous faites du télétravail, assurez-vous que votre employeur souhaite poursuivre cette pratique lorsque la pandémie sera terminée. 

Si vous ne pouvez pas faire de télétravail et que vous résidez dans un petit logement en ville, posez-vous la question suivante : « Est-ce que je préfère être coincé dans le trafic ou être coincé chez moi ? »

N’oubliez pas de comparer les coûts de transport. Les paiements d’une voiture peuvent s’apparenter à une hypothèque de plus de 100 000 $ si on considère tous les frais qui s’y rattachent. 

L’ENTRETIEN

Une maison avec terrain coûtera plus cher en entretien qu’un appartement en ville. Et à moins de payer pour confier certaines tâches à des experts, vous devrez consacrer de votre temps à tondre la pelouse, déneiger l’entrée, nettoyer les gouttières, etc. 

LA RÉGION

Financièrement, toutes les villes ne s’équivalent pas. D’abord, le taux de taxation varie d’une ville à l’autre. De plus, la valeur des maisons n’augmente pas nécessairement au même rythme d’une ville à l’autre. 

Par exemple, supposons que vous avez un budget de 300 000 dollars. Si les prix des maisons augmentent à raison de 3 % par année dans la ville A et de 5 % dans la ville B, l’écart de prix sera de 35 000 dollars en seulement cinq ans. 


♦ Ghislain Larochelle est un professionnel inscrit à l’Ordre des ingénieurs du Québec ainsi qu’à l’OACIQ.

Conseils    

-Faites un budget et révisez-le au moins une fois par année. Fixez-vous des limites : votre prix d’achat maximum, le temps de déplacement, etc.  

-N’oubliez pas de calculer les frais de départ : l’inspection, le notaire, le déménagement, les nouveaux meubles, les droits de mutation et les rénovations. Bref, il faut prévoir un petit coussin d’environ 3 % à 5 % du coût d’achat.  

-Au final, il y a de bonnes chances que le coût de vivre en banlieue soit similaire à celui de vivre en ville si vous optez pour une grande maison. Il vaut donc mieux faire un choix selon vos besoins.