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Québec solidaire accuse Legault de manquer de cohérence sur le «made in Québec»

Julien McEvoy | Journal de Québec

Photo d'archives

Le gouvernement Legault est capable d’accorder un contrat d’une durée de 10 ans sans appel d’offre à une entreprise de Québec pour assurer l’approvisionnement du réseau de la santé en masques chirurgicaux, mais il est incapable d’acheter ce que les PME d’ici produisent comme équipement de protection individuelle à prix compétitif.  

Ce «deux poids, deux mesures» est dénoncé par Vincent Marissal, le député de Québec solidaire qui s’occupe de près ou de loin de tout ce qui touche à l’économie.  

Le député de Rosemont réagit ainsi à l’histoire de Serge Fraser, publiée lundi dans Le Journal. L’entrepreneur de Thetford Mines produit des visières à prix fort compétitif, mais il n’arrive même pas à parler à quelqu’un au ministère de la Santé.  

«C’est fâchant pour ces gens-là qui se sont retournés sur un 10 cennes parce qu’on [le] leur demandait», lance M. Marissal. 

Il rappelle qu’en juillet, le gouvernement de la CAQ a accordé un contrat de gré à gré à AMD Medicom pour l’approvisionnement de respirateurs N95 et de masques chirurgicaux destinés notamment au réseau de la santé. La durée du contrat est de 10 ans.  

«On est capable de faire ça, mais on n’est pas capable de prendre l’appel d’un entrepreneur qui produit de l’équipement de protection individuelle à prix compétitif?», se demande le député solidaire.  

Rappelons qu’au début du mois de septembre, le gouvernement Legault a présenté son «grand chantier» pour les deux années qui restent à son mandat, soit de diminuer le «made in China» pour le remplacer par du «made in Québec».  

Depuis, le sujet revient souvent, mais les résultats ne sont pas probants pour l’instant, faute d’indicateurs.  

«François Legault se plaît à répéter qu’il veut remplacer le "made in China" par du "fabriqué au Québec", mais quand vient le temps de prêcher par l’exemple et d’envoyer des consignes claires à ses ministres pour favoriser l’achat local, c’est un autre son de cloche», ajoute Vincent Marissal.  

«Peut-être que Pierre Fitzgibbon [le ministre de l’Économie] n’a pas reçu le mémo», ironise-t-il.