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Capitale-Nationale: «Ça demeure une situation critique», affirme le Dr André Dontigny

Martin Lavoie | Journal de Québec

Photo d'archives Agence QMI, Joël Lemay

Le nombre d’infections à la COVID-19 est peut-être en train de se stabiliser dans la Capitale-Nationale, mais il demeure beaucoup trop haut pour la santé publique qui continue de réclamer l’effort de tous.

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«Les données des deux dernières semaines indiquent que la situation semble se stabiliser, mais avec un nombre de cas beaucoup trop haut. Il est encore trop tôt pour le dire, mais j’espère qu’on est dans cette stabilisation (l’épicentre de la deuxième vague)», avance le directeur de la santé publique de la Capitale-Nationale, le Dr André Dontigny.

«Ça demeure une situation critique avec 150 à 200 cas par jour, poursuit-il. Ça a des impacts sur les hospitalisations, sur les soins de santé et les délais d’attente pour les chirurgies. C’est une situation qui exige d’être résorbée le plus rapidement possible.»

Il émet aussi des craintes sur le fait que le nombre élevé de cas actuellement ait un impact éventuellement sur ces hospitalisations à venir.

«Il peut y avoir jusqu’à 14 jours entre le moment où il y a de la transmission communautaire et le moment où les gens sont hospitalisés. On a habituellement une bonne corrélation entre ce qui se passe dans la communauté et ce qu’on observe dans les hôpitaux. Qu’il y ait stabilisation, c’est une bonne chose en soi, mais c’est insuffisant», explique-t-il.

Solidarité

Le Dr Dontigny espère que le sentiment collectif de la population prendra le pas sur l’individualisme. Il demande de rehausser les efforts sanitaires tout en étant sensible aux problèmes psychologiques.

«Tant et aussi longtemps que nous n’aurons pas un vaccin efficace, il faut apprendre collectivement à vivre avec le virus. Ça doit être l’effort de tous. Oui je porte mon masque dans les lieux publics pas seulement parce que je réponds seulement à une exigence gouvernementale, je le fais pour moi, pour mes proches. Il va falloir renforcer tout ça.»

«On doit continuer à agir pour réduire les risques de transmission, mais aussi agir pour un maintien et un renforcement de l’engagement de toute la population. On peut avoir aussi des inquiétudes sur la détresse que vivent les gens. Il va falloir s’y attaquer. Nous n’avons pas affaire seulement à une crise historique à l’égard d’un virus. Cette crise entraîne des impacts d’autre nature et il faut aussi y être attentif pour que les gens puissent collectivement faire face à cette situation.»

Il estime que la situation s’est grandement améliorée dans les milieux de soins. «Sur près de la trentaine d’éclosions, la très grande majorité a pu être circonscrite.»

De l’aide externe

Le 6 octobre, malgré 40 embauches, la santé publique n’arrivait toujours pas à mener à bien l’ensemble des enquêtes épidémiologiques. Elle avait alors lancé un outil sur internet pour demander à la population de participer à sa propre enquête pour les cas qui n’étaient pas critiques.

Le Dr Dontigny dit maintenant compter sur une centaine de personnes supplémentaires pour ses enquêtes. Des gens qui proviennent de l’Abitibi, du Bas-Saint-Laurent, mais aussi de la Ville de Québec et de Statistiques Canada.

«Nous visons d’avoir la capacité d’intervenir de manière efficace même avec 300 cas par jour», dit-il.

Pour ce qui est des délais à obtenir les résultats des tests, là aussi la situation s’est améliorée.

«Nous avons des indications que nous pouvons recevoir les tests passablement dans les 24 heures. Depuis la dernière semaine, il n’y a plus d’enjeu d’accumulation de tests. Normalement on est capable de faire 2500 tests par jour et ça semble tout à fait fonctionnel», estime le directeur de la santé publique.

«Il faut vraiment prendre la tendance vers la baisse et espérer dans les prochaines semaines que nous aurons appris de tous ces évènements. Nous ne sommes pas la seule région ni le seul pays à vivre les difficultés d’une deuxième vague abrupte», conclut-il.

Des améliorations dans la Capitale-Nationale 

- Les équipes de santé publiques sont maintenant en mesure de faire des enquêtes épidémiologiques efficaces, même si on atteignait 300 cas par jour

- Depuis la dernière semaine, il n’y a plus d’accumulation de tests en attente

- La santé publique régionale peut faire 2500 tests par jour

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