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Des élèves à l’école tous les jours faute d’accès à internet

Daphnée Dion-Viens | Journal de Québec

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Après avoir exigé que les élèves de la fin du secondaire en zone rouge fréquentent l’école une journée sur deux pour des raisons sanitaires, Québec doit revoir sa directive puisque des jeunes ne peuvent suivre de cours en ligne faute d’accès à internet dans leur région. 

«Dans les territoires où le réseau Internet est inaccessible ou inadéquat pour l’enseignement à distance, (...) les services en présentiels doivent donc demeurer le mode de dispensation des cours pour les élèves de 4e et 5e secondaire», peut-on lire dans une lettre du ministère de l’Éducation transmise au réseau scolaire vendredi. 

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Québec a par ailleurs annoncé, lundi en fin de journée, que les élèves de troisième secondaire devront aussi fréquenter l’école à temps partiel à partir du 2 novembre. 

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, on indique qu’il s’agit «d’une très faible proportion d’élèves» qui se retrouvent dans cette situation. 

«Exceptionnellement, pour ces cas bien précis, l’enseignement en classe tous les jours est nécessaire afin que les élèves puissent poursuivre adéquatement leurs apprentissages, puisque le mode virtuel n’est pas possible», a indiqué son attachée de presse, Geneviève Côté. 

20% en Abitibi-Témiscamingue  

À la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), on indique que la proportion est toutefois plus élevée dans certaines régions. En Abitibi-Témiscamingue, elle atteint 20%, affirme son président, Nicolas Prévost. «C’est énorme», lance-t-il. 

Le manque d’appareils informatiques n’est toutefois pas en cause cette fois-ci, contrairement au printemps dernier, ajoute M. Prévost. 

«Ce sont vraiment des élèves qui n’ont pas à accès à une connexion, ni par satellite ni par fibre optique. Même si on leur donnait une tablette avec une connexion internet intégrée, ça ne fonctionnerait pas», illustre-t-il. 

Les élèves concernés, qui habitent généralement dans de petites municipalités plus éloignées, se rendront à l’école tous les jours et suivront leur cours en classe ou en ligne au laboratoire informatique de l’école, si leurs profs enseignent à distance à partir de la maison une journée sur deux. 

«Situation très préoccupante»  

Au Parti québécois (PQ), la députée Véronique Hivon juge la situation très préoccupante et dénonce le «message contradictoire» qui est envoyé par Québec concernant l’importance du respect des mesures sanitaires en place. 

«On élargit l’enseignement à temps partiel pour les élèves de secondaire 3 mais dans certaines zones, ce n’est pas si grave que ça (de ne pas le faire) parce qu’on n’est pas capable d’offrir les services», déplore-t-elle.  

Dans les comités de parents, les inquiétudes sont aussi bien réelles. «En cas de fermeture complète de l’école desservant ces milieux, aura-t-on une rupture de services éducatifs?» se demande Marc-Étienne Deslauriers, porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec (RCPAQ). 

À la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), on se réjouit que les élèves n’ayant pas accès aux cours en ligne puissent continuer à aller à l’école tous les jours, tout en soulignant que l’accès à Internet haute vitesse partout au Québec demeure un enjeu crucial, particulièrement en période de pandémie.