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Le Canada surpris par une démission à la Francophonie

Alexandre Robillard | Journal de Montréal

Photo tirée de Twitter

L’ambassadrice du Canada en France dit n’avoir jamais vu de chaos dans la gestion de l’ancienne numéro deux de l’Organisation internationale de la Francophonie Catherine Cano, contrairement à ce qui a été évoqué après sa démission surprise.

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L’ambassadrice Isabelle Hudon a assuré mardi qu’elle n’a jamais été informée de problèmes dans la gestion de la Québécoise, dont la nomination avait reçu l’appui du Canada et du Québec il y a moins de deux ans.

«Je n’ai pas vu le chaos, mais j’ai vu les efforts [de Mme Cano] se multiplier depuis deux ans pour accomplir l’engagement de moderniser l’organisation», a-t-elle affirmé lors d’un point de presse qui a suivi une conférence sur les relations Canada-France à Montréal. 

À titre d’ambassadrice à Paris, Mme Hudon représente le premier ministre Justin Trudeau au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

«C’est une surprise de voir Catherine partir avant la fin de son mandat [d’administratrice], a-t-elle dit. Elle l’a fait principalement pour des raisons personnelles.»

Dans une note interne transmise la semaine dernière, l’OIF a annoncé à ses employés la démission, sur fond de «désaccords persistants», de Mme Cano.

La porte-parole de la secrétaire générale de la Francophonie Louise Mushikiwabo a ensuite déclaré dans des entrevues que la gestion de Mme Cano avait été «chaotique».

Succession

Avec le Québec, le Canada a l’intention de proposer une nouvelle candidature pour remplacer Mme Cano, qui avait été nommée en mars 2019.

«C’est un poste très important et pas juste pour le Canada et le Québec», a fait valoir Mme Hudon, après avoir pris la parole lors d’un événement du Conseil des relations internationales de Montréal.

Si le choix final revient à Mme Mushikiwabo, Mme Hudon a soutenu que tout indique qu’une candidature canadienne pourrait être retenue.

«Rien ne me laisse croire que ce serait le contraire», a dit l’ambassadrice.

Réformes exigées

Le Canada et le Québec ont réclamé des changements dans l’administration de l’OIF à la suite de dépenses controversées de l’ex-secrétaire générale Michaëlle Jean, rapportées par notre Bureau d’enquête en 2017 et 2018.

Selon Mme Hudon, la moitié des réformes dans les programmes, la gestion des finances et les mesures de transparence a été réalisée jusqu’ici.