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Une annonce aussi prévisible que décevante pour les commerçants

Erika Aubin et Jérémy Bernier | Journal de Montréal

Luis W. Corcuera, du restaurant péruvien Pacha Mama, à Montréal, trouve difficile ce prolongement des mesures sanitaires.

Photo Agence QMI, Alex Proteau

Luis W. Corcuera, du restaurant péruvien Pacha Mama, à Montréal, trouve difficile ce prolongement des mesures sanitaires.

Le prolongement des mesures sanitaires en zone rouge n’est pas une grande surprise, mais des tenanciers sont tout de même déçus que leurs établissements qu’ils considèrent comme sécuritaires doivent encore rester fermés.

« On s’en doutait, ce n’est pas une grosse surprise. On l’a vu venir. C’est une grosse déception par contre », lance Alain Rochette, copropriétaire de la microbrasserie Les Maltcommodes, à Québec.  

Le problème, selon lui, c’est que le gouvernement n’a pas été en mesure de prouver que les restaurants, les bars ou les gyms, par exemple, sont des lieux de propagation pour la COVID-19.

François Meunier,
restaurateurs

Photo courtoisie

François Meunier, restaurateurs

« On persiste à dire que les restaurants ne sont pas des lieux d’éclosion. On est surveillés et encadrés. Ce n’est pas là que ça se joue », ajoute François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association des restaurateurs du Québec.

Le calme plat  

Propriétaire de trois restaurants, Luis W. Corcuera est habitué de les voir bondés vers 19 h, l’heure à laquelle Le Journal l’a rencontré lundi. 

« C’est l’heure du rush. Ça devrait être plein ! », dit-il en regardant une salle à manger vide. 

Même s’il n’est pas surpris par l’annonce, il ne comprend pas pourquoi son commerce ne peut pas ouvrir alors « qu’il y a foule au centre commercial ». 

Par ailleurs, l’aide financière annoncée au début du mois par le gouvernement du Québec est jugée insuffisante par des tenanciers pour tenir le coup jusqu’à la réouverture. 

« Ce n’est pas du tout ce à quoi on s’attendait, on n’aura pas d’apport de liquidité à court terme. C’est assez catastrophique », explique Mathieu Cloutier, propriétaire du bar Ninkasi Simple Malt, à Québec.

« Ça prend un vrai programme d’aide. Il ne faut pas passer trois mois à étudier les demandes. Sinon, des entreprises vont mourir à profusion », insiste François Meunier.

Pas d’éclosion  

Pour le milieu du spectacle, qui ne s’attendait pas à faire partie des fermetures à la fin septembre, l’annonce de lundi est un deuxième coup à encaisser. 

David Laferrière,
Diffuseurs RIDEAU

Photo Jean-François Desgagnes

David Laferrière, Diffuseurs RIDEAU

« On avait déployé des plans sanitaires rigoureux et sécuritaires. On a à peine eu le temps de présenter des spectacles avant que ça ferme, argumente David Laferrière, président de l’Association de diffuseurs RIDEAU. Et je ne peux pas faire abstraction du fait qu’il n’y a eu aucune éclosion, aucun cas associé à nos salles. »

Denis Hurtubise, président de l’Association des propriétaires de cinémas du Québec, tient le même discours.

« Il n’y a pas d’éclosion liée aux cinémas. On cherchait au moins à avoir une date de réouverture. Ce n’est pas la nouvelle à laquelle on s’attendait », explique-t-il. 

– Avec Alex Proteau, de l’Agence QMI