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Attention, vos points de cartes de fidélité ne sont pas des REER!

Daniel Germain | Journal de Montréal

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Illustration Adobe Stock

On raffole des programmes de fidélité qui nous permettent d’accumuler des points chaque fois qu’on dépense dans un commerce. 

Les commerçants aussi adorent, comme ça ils savent qu’ils ont toutes les chances de nous revoir la face dans un de leurs magasins.

C’est le même principe avec les cartes de crédit avec lesquelles on accumule des « récompenses » et des « miles », sauf qu’au lieu d’une enseigne, on nous amène à favoriser un moyen de paiement plutôt qu’un autre. 

Je n’ai pas besoin de vous expliquer le principe, comme moi, vous avez quelques cartes du genre dans votre portefeuille. Je ne sais pas pour vous, mais moi je n’ai pas idée de la valeur de tous ces points que j’ai accumulés.

La seule chose dont je suis certain, c’est qu’ils n’en gagneront pas, ils risquent au contraire de se dévaluer avec le temps, parfois même de disparaître.

Un système monétaire parallèle 

On a le sentiment de gagner au change avec les programmes de fidélisation, mais on finit toujours par payer.

Récompenses, primes, rabais, remises en argent et billets d’avion, peu importe de quoi il s’agit, ces cadeaux ne tombent pas du ciel. Leurs coûts sont refilés au bout de la ligne dans le prix de tout ce qu’on achète. 

C’est comme si à chaque transaction, une partie de nos dollars était convertie dans une autre devise, les points de fidélités. Ce n’est pas une blague, c’était ça déjà avec les dollars Canadian Tire. 

Aujourd’hui, ces programmes tendent vers le niveau de sophistication des systèmes bancaires. Leurs points s’échangent contre des récompenses par l’intermédiaire de plateformes qui ressemblent aux banques en ligne.

Faux argent 

Ça ne reste pas moins du pseudo-argent mal encadré, telle la monnaie d’une république de bananes. 

Depuis 2018, les programmes sont cependant mieux réglementés. Les points ne peuvent plus expirer (waouh !), comme il n’est plus possible pour les émetteurs de dévaluer de manière draconienne les unités de leur programme. 

N’empêche, c’est bien difficile à suivre. Les règles sont écrites en petits caractères et elles peuvent changer, au bon vouloir du promoteur du programme. Quand celui-ci fait faillite, les points sont perdus et, en cas de décès du détenteur, ils peuvent rarement être transférés à leur pleine valeur. 

Alors, un rappel à ceux qui comptent sur leurs points pour réaliser leurs projets de retraite, c’est pour le moins hasardeux. Un programme de fidélité, ce n’est pas un REER. 

« Nous recommandons d’avoir une vision de 12 à 24 mois maximum », conseille Jean-Maximilien Voisine, fondateur de Milesopedia, un site internet spécialisé dans les programmes de fidélité. 

Selon lui, il faut considérer ces programmes comme des comptes d’épargne liés à des projets spécifiques, mais dont la valeur reste incertaine.  

Outils  

Sites en français spécialisés dans les programmes de récompenses les cartes de crédit :  

L’agence de la consommation en matière financière du Canada : https://itools-ioutils.fcac-acfc.gc.ca/CCCT-OCCC/SearchFilter-fra.aspx  

Hardbacon : https://hardbacon.ca/fr/definition/carte-de-credit/  

RateHub : https://www.ratehub.ca/cartes-de-credit. Aussi accessible via Protégez-Vous : https://www.protegez-vous.ca/argent/cartes-de-credit/comparateur-de-cartes-de-credit  

Milesopedia : https://milesopedia.com