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Crise d'Octobre: le Bloc forcera un débat sur des excuses du fédéral

Émilie Bergeron | Agence QMI

Le Bloc québécois présentera une motion, jeudi, visant à ce que la Chambre des communes réclame des excuses du premier ministre Justin Trudeau pour l’arrestation d’environ 500 Québécois sans raison durant la crise d’Octobre de 1970.

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«L’imposition de la Loi sur les mesures de guerre a attaqué la dignité de l’entièreté d’une nation», a dit le chef bloquiste Yves-François Blanchet, mercredi, en conférence de presse.

Le débat sur la motion doit avoir lieu jeudi aux Communes, mais tout indique que les bloquistes ne recueilleront pas les appuis nécessaires pour la faire adopter.

Le leader parlementaire des conservateurs, Gérard Deltell, a signalé que son parti votera contre.

«C’est clair qu’on ne votera pas en faveur de cette motion-là. Pour nous, la crise d’Octobre, c’est avant tout l’assassinat politique par des terroristes [felquistes] de Pierre Laporte, le vice-premier ministre et ministre senior du gouvernement de [Robert] Bourassa», a-t-il soutenu à son arrivée à une réunion du caucus conservateur.

Quant aux libéraux, ils semblent avoir peu d’intérêt à livrer des excuses formelles selon les commentaires formulés par le premier ministre Trudeau au cours des dernières semaines.

Mercredi, aux Communes, le chef libéral a insisté de nouveau sur l’importance d’avoir une pensée pour la famille de Pierre Laporte, mort après avoir été kidnappé par une cellule felquiste. Il a aussi réitéré qu’il consacrait toutes ses énergies à la lutte contre la COVID-19 plutôt qu'à des événements passés.

«Je comprends qu’il y a encore des débats politiques sur ce qui s’est passé il y a 50 ans, mais ma préoccupation, aujourd’hui et dans les journées à venir, est de m’assurer que dans 50 ans, mes enfants, petits-enfants et tous les petits-enfants du Québec et du Canada regarderont la façon dont on a géré cette crise sanitaire et économique de la bonne façon», a-t-il offert.

Quoi qu’il en soit, les bloquistes devraient pouvoir compter sur l’appui des néo-démocrates, même si cela serait insuffisant pour faire adopter leur motion si les conservateurs et libéraux s’y opposent. Le Nouveau Parti démocratique a déjà dit qu’il souhaitait des excuses du gouvernement fédéral.

Aux yeux de M. Blanchet, un refus de formuler des excuses du côté des libéraux signifierait «que le gouvernement canadien [...] et Justin Trudeau en particulier n’ont pas le respect requis pour avoir une relation acceptable avec la nation québécoise».