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Esplanade Cartier: le promoteur propose des rues partagées

Guillaume Picard | Agence QMI

Le promoteur Prével souhaitait que son ensemble immobilier Esplanade Cartier, voisin du pont Jacques-Cartier, soit fermé aux véhicules afin de laisser toute la place aux piétons et aux cyclistes.

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Mais après avoir reçu une fin de non-recevoir, il propose maintenant, dans un mémoire déposé mercredi devant l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), dans le cadre des auditions du Plan particulier d’urbanisme (PPU) des Faubourgs, des rues partagées où les voitures seront admises à condition de laisser la priorité aux humains.

C’est que les autorités ont exigé que la trame des rues Tansley et Falardeau, situées à l’ouest du pont, se poursuive de l’autre côté de l’avenue De Lorimier, dans le nouveau quartier.

«On veut que ces rues soient partagées, car elles vont traverser le parc central de notre projet. On veut que les voitures avancent au rythme des piétons et des vélos, et que les rues viennent contribuer au réseau de places publiques du projet», a dit en entrevue Laurence Vincent, coprésidente de Prével.

L’entreprise propose un site qui sera occupé en son cœur par un espace vert presque aussi grand que la place des Festivals, dans le Quartier des spectacles. Ce parc, espère-t-on, sera à même de créer une ouverture sur le fleuve et une fenêtre parmi d’autres sur le pont presque centenaire. La verdure se retrouvera aussi sur plusieurs toits végétalisés où il sera même possible de faire de l’agriculture urbaine.

Projet dont la valeur pourrait atteindre jusqu’à 1 milliard $, Esplanade Cartier est divisée en six îlots à aménager au cours des cinq à six prochaines années. Il s’agit d’un projet mixte qui inclura environ 2000 unités résidentielles – condos, logements sociaux, abordables et familiaux –, plusieurs commerces de proximité ainsi qu’entre 500 000 et 700 000 pieds carrés d’espaces de bureaux.

Déjà en construction, la première phase est constituée d’une tour de 14 étages qui sera liée à un bâtiment de trois étages, au coin des rues Sainte-Catherine Est et Parthenais. Plus on avancera dans le site via une placette menant au parc central, plus les bâtiments gagneront en hauteur, selon la vision de Prével qui s’est matérialisée sur les planches à dessin de la firmeNÓSarchitectes.

Au centre, les bâtiments pourront aller jusqu’à 15 à 20 étages, puis sur René-Lévesque Est, où la densité permet une plus grande volumétrie et où, surtout, il n’y a pas de résidents à priver de soleil, les hauteurs pourraient atteindre 80 mètres, ou 25 étages, selon le vœu de Prével. Le zonage actuel permet 65 mètres.

«On respecte la densité et la vision du plan d’urbanisme. Ce qu’on veut démontrer avec la densité proposée, c’est que le fait d’être en hauteur nous permet, selon moi, d’avoir une meilleure qualité de vie, une meilleure luminosité, des parcs plus grands et des espaces plus agréables», a dit Mme Vincent.

«Le but, c’est de ne pas avoir un projet homogène. On aime la diversité, c’est vrai pour l’œil et pour la volumétrie», a ajouté la femme d’affaires.

«On a toujours bâti en tenant compte de ce qu’on a appris de projet en projet», a indiqué Mme Vincent, en rappelant aussi qu’une démarche de «Placemaking» est toujours en cours et qu’une Maison de projet, aménagée dans la première phase, va permettre de s’ajuster au fur et à mesure en fonction des besoins du quartier et des résidents. Les consultations auprès d’organismes et d’acteurs du quartier Sainte-Marie ont d’ailleurs permis de peaufiner le projet.

«Je donne en exemple des jets d’eau qu’on a intégrés après que l’idée eut été proposée. On nous a aussi dit que les structures d’animation ne devraient pas être trop imposantes afin de ne pas gêner les vues sur le pont.»

Rappelons qu’en plus d’être à quelques pas de la station de métro Papineau, le site pourrait éventuellement être desservi, au sud, par un nouveau lien de transport structurant de type tramway ou même par une antenne du Réseau express métropolitain.

Quant au PPU des Faubourgs, il concerne aussi le réaménagement des terrains de Radio-Canada et ceux de Molson.

Beaucoup de boulot

Prével est en train de finaliser la livraison des dernières unités de ses projets Bassin du Havre dans Griffintown (avec son partenaire Rachel Julien), 21earrondissement dans le Vieux-Montréal et Union sur le parc à l’ouest du centre-ville. En plus d’Esplanade Cartier, l’entreprise développe en ce moment les ensembles immobiliers Quartier général dans Griffintown et Les Cours Bellerive dans Tétreaultville.

«On a aussi deux nouveaux projets sur notre planche à dessin et plusieurs négociations [de terrains] sont en cours», a indiqué Mme Vincent, qui croit par ailleurs que la demande pour les bureaux, affectée par la pandémie, va revenir.