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L’absolution d’Éric Lapointe envoie un mauvais message

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Le chanteur Éric Lapointe n’a pas voulu faire de commentaire à sa sortie de la cour municipale de Montréal, mardi, juste après avoir obtenu une absolution conditionnelle pour avoir violenté une femme, à la suite de son party d’anniversaire en septembre 2019.

Photo Chantal Poirier

Le chanteur Éric Lapointe n’a pas voulu faire de commentaire à sa sortie de la cour municipale de Montréal, mardi, juste après avoir obtenu une absolution conditionnelle pour avoir violenté une femme, à la suite de son party d’anniversaire en septembre 2019.

L’absolution accordée mardi au chanteur Éric Lapointe envoie un bien mauvais message, tant aux victimes qu’à la société, estiment des organisations de défense de femmes violentées.

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« Les jugements comme ça, ça n’a pas de sens, on vient de faire un pas en arrière. Il va falloir retrousser nos manches », déplore la présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Chantal Arseneault.

Pour la coprésidente de l’organisation Hébergement femmes Canada, Gaëlle Fédida, cette décision est une « claque en pleine face » de la victime, tout en envoyant un message d’impunité aux agresseurs.

« Ce qu’on voit, c’est une défaillance du système judiciaire », explique-t-elle.

La directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Manon Monastesse, estime pour sa part que « ça n’envoie pas le message clair que [le crime d’Éric Lapointe] est inacceptable ».

C’est que le crime du chanteur de 51 ans est grave. En septembre 2019, au retour de son party d’anniversaire, il s’en est pris à une femme à la suite « d’échanges tendus », selon le résumé des faits.

« M. Lapointe s’approche de la plaignante, pose sa main sur le cou de cette dernière tout en l’adossant contre le garde-manger », indique le document déposé quand l’artiste a plaidé coupable de voies de fait au début du mois.

Des excuses

Lapointe s’était excusé pour son geste, commis alors qu’il était intoxiqué, en précisant qu’il travaillait sur son problème d’alcool. 

Du même coup, il a demandé l’absolution pour éviter un casier judiciaire, expliquant avoir versé un don de 3000 $ à un organisme venant en aide aux femmes violentées.

La procureure de la Couronne municipale, Me Christine Plourde, qui représente la société, a été du même avis. Après réflexion, le juge Steeve Larivière a entériné le tout.

« Il a exprimé des remords qui paraissent sincères », a dit le juge avant de prononcer une absolution, conditionnelle à ce que Lapointe respecte une probation d’un an.

Bris de condition

Juste après, la procureure a retiré l’accusation de bris de condition qui pesait sur l’auteur-compositeur-interprète pour avoir contacté la victime pendant les procédures, ce qui lui était interdit.

D’ailleurs, même si la victime (dont l’identité est protégée par un interdit de publication) ne l’a pas demandé, elle pourra contacter Lapointe pendant la probation de celui-ci. L’inverse n’est toutefois pas possible. 

Le chanteur devra également voir sa psychosociologue autant de fois qu’elle estimera que cela est nécessaire.


Éric Lapointe n’a pas fait de commentaire à sa sortie de la cour municipale de Montréal, mardi. La victime, de son côté, n’était pas présente au tribunal.

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