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Près de 80 000 ainés vivant à domicile victimes de maltraitance

Agence QMI

Près de 6 % des ainés québécois vivant à domicile ont subi de la maltraitance l’an dernier, révèlent des données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Selon les chiffres dévoilés mercredi dans le cadre de l'Enquête sur la maltraitance envers les personnes aînées au Québec (EMPAQ), 78 900 personnes âgées ont été victimes d’au moins un type de maltraitance l’an dernier.

La maltraitance peut s’incarner de cinq façons: matérielle, financière, psychologique, physique ou sexuelle.

Les femmes sont plus touchées que les hommes en ce qui a trait à la maltraitance physique, sexuelle et psychologique, mentionne l’ISQ. Les personnes qui ont déjà vécu des violences avant d’avoir 65 ans sont aussi plus susceptibles d’être à nouveau des victimes quand elles atteignent cet âge.

Même constat pour ceux qui vivent seuls, qui perçoivent leur santé générale ou mentale comme passable ou mauvaise, qui ont besoin d’aide pour accomplir leurs activités quotidiennes et qui reçoivent de l’aide à domicile.

Cohabitation

Dans le tiers des cas, les personnes qui ont malmené les ainés québécois cohabitaient avec leur victime. Dans 25 % des cas, il s’agissait de conjoints ou d’ex-conjoints, et dans 23 % des situations, les gestes déplorables étaient l’œuvre des enfants, y compris les belles-filles et les beaux-fils.

Plus d’hommes que de femmes ont commis de la maltraitance envers des ainés l’an dernier, indique-t-on.

Se sentant sans ressource, beaucoup d’ainés préfèrent se taire. En fait, selon le rapport de l’ISQ, près de trois ainés sur 10 n’ont pas parlé de la maltraitance dont ils ont été victimes. Parmi ceux-ci, 40 % ont dit qu’ils ont préféré ne rien dire parce qu’ils «n'en ressentaient pas le besoin», qu’ils «évaluaient que la situation n'était pas assez importante», qu’ils «pensaient que le fait de poser l'une ou l'autre de ces actions ne changerait rien» ou qu’ils «pensaient que la situation allait se résorber d'elle-même».

L’embarras, la honte et la volonté de ne pas causer des problèmes à la personne maltraitante sont évoqués par 10 % des ainés souffrant de maltraitance pour expliquer leur silence.

Près de 9000 personnes âgées de plus de 65 ans ont répondu aux questions par téléphone, entre février et juin 2019, dans le cadre de cette enquête.