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Un professeur de l’Université d’Ottawa se dit victime de «macro-agression» de la part de ses étudiants

Agence QMI

Charles Le Blanc, professeur de philosophie à l'Université d'Ottawa

Capture d'écran

Charles Le Blanc, professeur de philosophie à l'Université d'Ottawa

Un professeur de philosophie de l'Université d'Ottawa se dit victime d'une campagne de harcèlement de la part de ses étudiants.

Charles Le Blanc est l'un des 34 signataires d'une lettre d'opinion en faveur de la liberté d'expression à l'Université d'Ottawa publiée à la suite de la suspension de la professeure Verushka Lieutenant-Duval qui avait utilisé le mot «n****» en classe dans un contexte pédagogique.

«Mes assistants m'avaient informé qu'une fronde se préparait parce que j'étais l'un des 34 signataires de cette lettre», a raconté le professeur au micro de Sophie Durocher sur les ondes de Qub radio mercredi.

Plutôt que d'éviter le sujet, M. Le Blanc a préféré l'aborder en classe avec ses étudiants. «J'ai simplement énoncé les différents points pour expliquer ma prise de position au public. En plus, mon cours s'appelle "pensée et raisonnement critique", donc je n'avais pas l'impression d'être hors sujet», s'est-il amusé.

«Le nœud de la chose, c'est que j'essayais de montrer à mes étudiants que les mots sous les outils de la pensée. [...] En disqualifiant les mots, en les éliminant, on s'empêche de comprendre le monde», a tenté de plaider le professeur devant ses élèves.

Or, ses explications sont tombées à plat pour certains élèves qui clavardaient en parallèle sur le web, pendant son cours. «Pendant tout le temps où je parlais, là, les gens écrivaient des choses horribles sur mon compte, un petit groupe. [...] Ils ont été très très violents à mon égard», a-t-il confié.

Ceux-ci ont pris un extrait d'une dizaine de secondes du cours qui a été publié sans contexte sur Twitter, valant plusieurs messages haineux à M. Le Blanc. Des appels au retrait des publications du professeur et de son doctorat ont aussi été lancés.

«On est devant un monstre qu'on ne peut pas arrêter. Une idéologie qui est délétère, qui ne va pas dans le sens de la libre pensée et du débat d'opinion serein», a-t-il regretté.