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Des citoyens de Pont-Rouge dégoûtés par les odeurs

Stéphanie Martin | Journal de Québec

Quebec

Photo Stevens LeBlanc

Plusieurs citoyens de Pont-Rouge sont aux prises avec des odeurs nauséabondes en provenance du site d’enfouissement qui sont si fortes par moment qu’elles empêchent de rester à l’extérieur. 

«Les odeurs sont inacceptable», commente Michel Chevalier, qui habite à Pont-Rouge, à 2 km du site d’enfouissement de Neuville. Celui-ci est situé à la frontière entre les deux municipalités. Il accueille les déchets de 23 municipalités des MRC de Portneuf, de la Jacques-Cartier et de Mékinac. Le site a ouvert ses portes en 1988.  

Les citoyens auxquels Le Journal a parlé signalent des odeurs «depuis deux, trois ans». Ils s’entendent pour dire qu’elles se sont intensifiées au cours des derniers mois. «L’odeur attaque les yeux et le nez», dit M. Chevalier. Parfois, «Ça nous empêche de sortir de la maison», déplore-t-il. 

«L’enfer»

Jean-François vit dans le secteur à l’est du site d’enfouissement. Il a préféré taire son nom de famille. Il dit vivre fréquemment des épisodes d’effluves nauséabondes. «C’est l’enfer. Depuis quelque temps, c’est pas endurable. Les fins de semaine, on ne peut pas manger dehors. Il faut fermer les fenêtres de la maison.» Il estime que la réputation de sa ville est déjà entachée.  

Sur un groupe Facebook que Le Journal a consulté, les citoyens sont nombreux à être dégoûtés par les émanations du site. Le qualificatif «dégueulasse» y est utilisé. Les émissions se font parfois sentir sur des kilomètres.  

Certains ont choisi le secteur récemment et déchantent. «C’est terrible les odeurs. C’était pas comme ça il y a deux ans. C’est très décevant», écrit un nouveau résident. «C’est tellement désagréable d’avoir cette odeur de plus en plus présente. Il est parfois impossible de sortir de la maison, tellement c’est intense», commente une citoyenne.  

Attrait miné

Le maire de Pont-Rouge, Ghislain Langlais, admet que la situation est «problématique». «C’est pire cette année», déplore-t-il. Il s’inquiète pour l’attrait de sa ville auprès des familles. Déjà, depuis quelques années, des nouveaux développements ont vu le jour.  

Il dit multiplier les démarches auprès de l’organisme responsable du site, la Régie régionale de gestion des matières résiduelles de Portneuf. Le directeur général de la Régie, Jean-Luc Mercure, reconnaît que les plaintes s’accumulent et affirme qu’on a finalement mis le doigt sur le problème. Il provient d’une ancienne cellule, soit un monticule de déchets d’une trentaine de pieds de hauteur. Elle est maintenant scellée, mais elle laisse passer les gaz par sa base. 

Investissements

«Soyez assurés qu’on n’est pas fiers de ça. On fait notre possible, on met tout en œuvre», indique le directeur, qui liste une vingtaine d’investissements totalisant 256 000 $ qui ont été réalisés pour mater le problème, depuis 2017. 

Il souligne que la municipalité de Pont-Rouge avait été avertie de ne pas déboiser pour un développement résidentiel à proximité. Selon M. Mercure, l’absence d’arbres aide à la propagation des odeurs.  

On mise maintenant sur des équipements plus performants qui souffleront les gaz vers la torchère qui devrait les brûler plus efficacement. Jean-Luc Mercure estime que d’ici un mois, la situation devrait s’être améliorée considérablement.