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Explosion des cas de COVID-19 dans les usines d’Olymel

Francis Halin | Le Journal de Montréal

Photo Stevens Leblanc

Après l’éclosion de 126 cas à l’abattoir d’Olymel de Vallée-Jonction, en Beauce, deux autres usines du transformateur québécois sont aux prises avec des cas de COVID-19, a appris Le Journal.

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«On a une dizaine de cas à Princeville et trois cas à Sainte-Rosalie. C’est super inquiétant», a avancé au Journal le président de la Fédération du commerce (FC–CSN), David Bergeron-Cyr. 

D’après lui, certaines mesures ont été relâchées à Vallée-Jonction, ce qui pourrait expliquer l’explosion des cas, qui sont répandus dans les usines de viande où les travailleurs se côtoient de près.

«Ils avaient recommencé à permettre le temps supplémentaire, alors les quarts de travail étaient mélangés, un peu comme les bulles à l’école. Ils avaient aussi arrêté de donner 10 minutes entre les relèves de travail pour éviter que les travailleurs se croisent », a souligné David Bergeron-Cyr.

Jeudi, le syndicat a dit ne pas avoir digéré que l’employeur semble accuser les travailleurs d’usine de ne pas respecter les règles sanitaires.

Depuis le décès d'un employé d'Olymel de l’usine d’abattage et de découpe de porcs de Vallée-Jonction, en Beauce, la semaine dernière quelques heures après avoir été déclaré positif au coronavirus, le climat reste tendu entre les syndiqués et l'employeur. 

«Il y a quelqu’un qui est mort. On pourra peut-être se préserver de dire que c’est la faute du monde, même si, je conviens, qu’il y en a qui n’écoute pas les consignes », a reconnu M. Bergeron-Cyr. 

Olymel se défend 

Jeudi après-midi, la direction d'Olymel a indiqué par communiqué qu'elle allait procéder demain à un dépistage ciblé de 120 employés de la salle de coupe du quart de jour de son usine d'abattage et de découpe de porcs de Princeville, dans le Centre-du-Québec.

«Cette décision de nature préventive fait suite à l'apparition de 14 cas confirmés de la Covid-19 au sein des employés de cette usine. Au total, l'usine de Princeville emploie 370 personnes», a-t-elle précisé.

Plus tôt en journée, Olymel a par ailleurs voulu se faire rassurante en précisant que la Santé publique ne recommande pas la fermeture de l’usine de Vallée-Jonction. 

«On va tester ces prochaines semaines des travailleurs qui ont toujours été déclarés négatifs pour endiguer la propagation du virus. Olymel va payer pour cela. On veut que nos travailleurs retrouvent la santé», a insisté le porte-parole d’Olymel, Richard Vigneault. 

Olymel a indiqué qu’elle allait ajouter des effectifs pour éviter que les travailleurs se croisent, en plus d'offrir une avance salariale pour les pousser à se faire tester davantage. 

Enfin, le transformateur québécois a fait valoir que sur ses 40 établissements au pays, elle compte une vingtaine de cas à part ceux de Vallée-Jonction.