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Faux procès féministes?

Antoine Robitaille | Agence QMI

L’accusation de «mexplication» (en anglais mansplaining) a fait surface à l’Assemblée nationale mardi.

Selon la libérale Marie Montpetit, François Legault aurait commis ce péché en répondant à Dominique Anglade. Péché sexiste consistant, de la part d’un homme, à expliquer «quelque chose à une femme de manière condescendante»; souvent dans un domaine que la femme connaît bien.

Le premier ministre avait recommandé à sa vis-à-vis de mieux s’informer sur ce qui se passe ailleurs, dans la planète COVID: «Qu’elle lise un petit peu, puis elle va se rendre compte qu’on est tous dans la même bataille.»

Défendre François Legault, de la part d’un «homme blanc» comme moi ne va pas de soi. Ai-je la «légitimité pour décider ce qui constitue une micro-agression»?

Rappelons quand même une évidence: les débats parlementaires sont faits d’accusations, de reproches, de critiques. Souvent enrobés dans une condescendance acidulée.

Mme Montpetit excelle dans cette joute d’ailleurs. Que lançait-elle récemment à Christian Dubé? «Je comprends que le ministre ne comprend pas beaucoup... ne connaît pas beaucoup le réseau encore, mais moi aussi, je vais l'inviter à aller faire ses devoirs.»

Bien envoyé! Mais selon les critères de Mme Montpetit, un homme, s’il usait de ce type d’invective à l’égard d’une femme, s’exposerait à des dénonciations, non?

Bien sûr, il y a encore des propos sexistes en politique. Et le conseil des ministres de M. Legault n'est plus paritaire (comme celui de M. Couillard, dont Mme Montpetit était).

Faux procès

Mais parfois, les dénonciations de sexisme semblent vraiment bancales. Pensez au faux procès fait à Legault il y a quelques mois parce que, prétendument, il désignait ses ministres femmes par leur prénom. Vérifications faites, ça ne tenait pas la route.

Du reste, une femme politique féministe comme Valérie Plante n’a-t-elle pas mis en avant son prénom dans sa campagne électorale, notamment sur ses affiches?

Cette dernière a récemment fait l’objet d’une étude de deux doctorantes en science politique, Alexie Labelle et Katherine Sullivan. Elles en ont tiré un intéressant article dans «The Conversation»: «"Madame Sourire": que dit la couverture médiatique de Valérie Plante?»

Leur conclusion: les critiques envers la mairesse reflètent un «biais genré». On aurait scruté davantage le «sourire» de Mme Plante, ses vêtements; à une occasion, on l’aurait questionnée sur le partage des tâches.

Au risque d’être accusé de «mexplication», j'ai envie de questionner cette thèse, (j’ai d'ailleurs reçu Mmes Labelle et Sullivan à Qub).

- L'aspect «apparence»: il me semble que certains politiciens, de nos jours, y goûtent. Justin Trudeau: sa chevelure, sa barbe, ses chaussettes, etc. Donald Trump! Son visage orange, ses cheveux teints, ses prétendues petites mains (signe d’un petit sexe, paraît-il). Tout y a passé!

- La publication, par Mme Plante, d’un livre, en pleine pandémie, a été critiquée. Où a-t-elle trouvé le temps? Mais n’a-t-on pas reproché à M. Legault de... lire?

- Les femmes politiques seraient attaquées de manière «plus personnelle et virulente» et cela confinerait au «harcèlement». Ah oui, et tous ces «troll» arrêtés pour avoir proférer des menaces de mort à l’endroit de M. Legault?

En tout cas, ça se discute! Peut-on?