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L’Halloween comme exutoire

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

Décor d’Halloween de Marc Malenfant à Saint-Paul-de-Montmi

Photo courtoisie

Un résident de Chaudière-Appalaches a trouvé le meilleur antidote contre la déprime de la pandémie : il ne compte plus les heures depuis trois mois dans la construction d’un décor d’Halloween grandiose.

Habile de ses mains, Marc Malenfant a laissé aller sa créativité en concevant pratiquement de zéro un navire de l’époque de la Nouvelle-France qui semble plus vrai que nature avec des matériaux glanés ici et là.

De la poupe du voilier, qui est en fait constituée d’un harmonium d’église recyclé, au gouvernail, en passant par les cordages, qui ont nécessité à eux seuls 28 heures de travail, l’homme de 53 ans, de Saint-Paul-de-Montminy, n’a rien laissé au hasard.

Le vaisseau bourgogne et doré fait 35 pieds de long et 25 pieds de haut, occupant pratiquement toute la largeur de son terrain, devant sa maison de la route 216, à l’ouest du 2e Rang.

Le citoyen aime ajouter une touche d’histoire à ses décors. La scène illustre l’arrivée de religieuses en Nouvelle-France sous le regard bienveillant d’Amérindiens dans un canot d’écorce.

Photo courtoisie

Le citoyen aime ajouter une touche d’histoire à ses décors. La scène illustre l’arrivée de religieuses en Nouvelle-France sous le regard bienveillant d’Amérindiens dans un canot d’écorce.

Beaucoup de travail 

Le quinquagénaire estime avoir travaillé « un bon 25-30 heures par semaine », au point d’en écourter quelques nuits tellement il s’est investi dans son projet, et avoir dépensé plus de 500 $.

« C’était pour me changer les idées. Les trois mois que j’ai passé sur le bateau, je n’ai pas parlé de COVID-19. Je me suis concentré sur ce que j’avais à faire, alors pour moi, ç’a été extrêmement bénéfique », lance l’employé dans une quincaillerie et chauffeur de taxi.

Il faut dire que Marc Malenfant n’en est pas à son premier décor d’Halloween, loin de là.

L’an dernier, Le Journal vous parlait d’ailleurs du train du 19e siècle qu’il avait confectionné pour la même occasion.

Chaque fois qu’il se lance dans un nouveau projet, il aime apporter une touche d’histoire. Cette fois, il voulait mettre en scène les religieuses de l’époque coloniale et faire un clin d’œil à leur contribution en éducation et en santé.

Décor d’Halloween de Marc Malenfant à Saint-Paul-de-Montmi

Photo courtoisie

Récompense 

Sa récompense, c’est quand il décroche le sourire d’un voisin ou que des enfants s’émerveillent devant sa création, surtout en cette période plus difficile.

« C’est la face du monde quand ils voient le bateau. Ils disent que ça n’a pas de bon sens. C’est sûr que c’est fou pareil, qu’est-ce que je fais », reconnaît volontiers le citoyen.

À ce propos, il avoue qu’il n’a pas trop pensé à la suite des choses. Que fera-t-il de son immense bateau, qui ne flotte sûrement pas sur l’eau, quand l’Halloween sera passée ?

« Je ne suis pas rendu là. Je l’ai créé, mais je n’ai pas pensé au côté pratique. J’ai fait une pièce majestueuse, mais qui n’est pas démontable nécessairement », dit l’homme en rigolant.