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Québec veut mettre fin aux «démolitions sauvages»»

Vincent Larin

Courtoisie

Québec veut mettre fin aux «démolitions sauvages» et se donne cinq ans pour répertorier tous les bâtiments patrimoniaux de la province, un processus qui sera long de l’aveu même de la ministre Nathalie Roy.

Le projet de loi 69, déposé jeudi à l’Assemblée nationale, prévoit ainsi que seront identifiés tous les immeubles construits avant 1940 qui présentent une valeur patrimoniale et qui sont donc susceptibles d’être protégés.

Si cette pièce législative est adoptée dans sa forme actuelle, les municipalités seront dorénavant obligées de diffuser un avis public et d'informer la ministre à propos de l'émission de tout avis de démolition d’un bâtiment inscrit sur cette liste. Aussi, elles devront alors tenir une audience publique à laquelle les citoyens pourront assister.

Les MRC pourront également renverser une autorisation de démolition accordée par une municipalité, ce qui était autrefois impossible, comme l’avait tristement démontré la saga du monastère de Berthierville.

En juin dernier, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc avait déposé un rapport accablant pour le ministère de la Culture en ce qui a trait à la protection du patrimoine bâti pour y dénoncer notamment un manque de leadership, de vision et de cohérence.

Elle y soulignait également qu’environ 40 % des demandes de classification pour les bâtiments ne sont pas répondues avant cinq à dix ans de délais, ce que souhaite régler la ministre de la Culture avec son projet de loi présenté jeudi.

«C’est totalement inacceptable, alors nous allons donner un sérieux coup de barre pour changer ces façons de faire», a martelé la ministre Roy, jeudi. Elle s'engage à réduire ces délais à 90 jours, ou 120 jours quand le Conseil du patrimoine culturel du Québec est sollicité, et ce, grâce à sa nouvelle pièce législative.

En septembre dernier, Nathalie Roy annonçait que son ministère ajoutait 21,6 millions $ à son programme visant à protéger le patrimoine immobilier de la province pour un total de 51,6 millions $.