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Au diable la loi: ce gym défie le gouvernement

Richard Boutin | Journal de Québec

Ouvert depuis le 22 juin quand les centres d’entraînement ont obtenu le feu vert, le Gym Olympe n’a pas fermé ses portes lorsque la région de la Capitale nationale a basculé en zone rouge et n’a pas l’intention de le faire malgré le décret gouvernemental prévoyant des amendes salées pour les établissements qui ne respectent pas les directives de la Santé publique.

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« Je ne ferai pas une deuxième faillite », a déclaré jeudi le propriétaire Marc-Antoine Grondin, au cours d’un long entretien dans son établissement.

« C’est trop taxant et tu es ostracisé lorsque tu fais une faillite. Qu’on me rachète mon commerce et je vais m’en aller, mais je ne ferai pas faillite à la graine comme un esclave. Je reste ouvert pour payer ma maison et mon épicerie. Lors de mon mariage, j’ai promis à mon épouse, qui vient d’un milieu modeste, qu’elle ne manquerait jamais de rien. »

Après une plainte d’un citoyen, les policiers se sont pointés au Gym Olympe mercredi, et ils sont retournés jeudi.

Le propriétaire n’a pas reçu de contravention sur-le-champ, mais le dossier est maintenant entre les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

« Nous nous sommes rendus dans un centre d’entraînement parce que nous avions comme information que le commerce était ouvert », a confirmé le Sergent intérimaire à la division des communications en sécurité publique au SPVQ, Étienne Doyon, qui n’a pas voulu confirmer l’identité du centre d’entraînement.

« Un rapport d’infraction général a été transmis au DPCP, qui déterminera si la preuve est suffisante pour imposer une amende. Parce que le décret est très récent, on a pris un chemin plus long et c’est la raison pour laquelle il n’y a pas eu de constat portatif qui a été émis. »

Les amendes peuvent osciller entre 1000 $ et 6000 $.

Deux visites de la police  

Le propriétaire a confirmé les deux visites des policiers et Le Journal était présent lors de la seconde.

« Dans le doute, j’ai fermé le 23 mars sur l’ordre de la police et encaissé trois chèques de la PCU, période où je me suis senti humilié et rabaissé, mais je ne fermerai plus jamais, a affirmé le propriétaire de 48 ans qui est aussi culturiste. Tu ne peux pas fermer un commerce deux fois. Les politiciens sont déconnectés de croire qu’il suffit d’ouvrir l’interrupteur au retour et que tout va reprendre comme avant.

« Je ne payerai jamais une amende, de poursuivre celui qui compte 11 900 abonnés sur sa chaîne YouTube Le Show du Pro. Je n’ai aucun problème à passer du temps à Orsainville (Établissement de détention de Québec). C’est tout un paradoxe. Au nom de la Santé publique, on empêche les gens de conserver leur santé. Ma mère, qui était une femme courageuse, m’a appris à ne pas jouer assis. Si elle était encore vivante, elle aurait honte du gouvernement en place. »

Décédée en 2018, Mme Lise Roy-Grondin a notamment été la chef de cabinet du Président de l’Assemblée nationale Michel Bissonnet pendant cinq ans. Son fils dit avoir vu défiler les premiers ministres Charest et Couillard, entre autres, à la résidence familiale de Lac-Beauport.

Nombreux appels  

Au moment de notre passage, le téléphone de Grondin n’arrêtait pas de sonner. Des collègues s’informaient, des gens voulaient s’abonner à son gym et un autre, Denis de Gatineau, lui a fait un don d’un mois d’abonnement pour l’appuyer dans sa bataille tout en ajoutant que d’autres allaient imiter son geste.

« Mon gym est fermé à tout le monde sauf à mes abonnés, au nombre de 100, a-t-il indiqué. Pas question que j’accepte de nouveaux abonnements.

« Le gouvernement a matraqué ma clientèle et je roule au huitième de ma capacité, mais ça me permet de garder la lumière allumée. Entraînement Marc-Antoine Grondin et mon gym sont deux entités différentes. Je peux recevoir des clients dans mon bureau. Je n’ai pas de doctorat, mais je règle des problèmes que les docteurs ne font pas en raison de mes connaissances en biomécanique et pour refaire les profils hormonaux. Je sauve des vies et je ne peux pas arrêter. Avec ma chaîne YouTube, je suis plus connu en Europe qu’ici. »

Témoignage  

Au moment de notre passage, deux clients étaient présents.

« J’ai commencé l’entraînement il y a six ans pour me relever d’un AVC, a raconté Michel Pelletier, âgé de 82 ans. J’ai repris 75 à 80 pour cent de mes capacités physiques. Pendant le confinement de mars, je suis venu près de récidiver. Marc-Antoine est un verbomoteur qui a des convictions profondes. »