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Des restaurateurs du Saguenay voient rouge

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

Le passage en zone rouge du Saguenay-Lac-Saint-Jean est un coup d'assommoir pour les bars et les restaurants de la région.

Ceux-ci ont l'impression de payer la note sans être responsables des éclosions.

«On se fait prendre un peu pour des niaiseux, a déclaré le propriétaire du restaurant La Cuisine à Chicoutimi, David Janelle. Profitez quand vous pouvez et aussitôt qu'on ne peut plus, bien fermez tout de suite. Je pense qu'on est vraiment des boucs émissaires.»

Il est clair que pour lui, la bouchée passe de travers. La zone rouge signifie la fermeture de sa salle à manger, au moins 15 emplois perdus, et des mets pour emporter seulement.

«Je prépare des «take-out» pour 12 personnes en fin de semaine. C'est illégal. Tout le monde en fait et tout le monde est au courant de ça, mais ça, ce n'est pas grave, mais d'avoir six personnes, ici, c'est illégal, » a-t-il ironisé.

Au Témaki Sushi Bar, le propriétaire a l'impression d'écoper pour des éclosions dans des établissements de santé.

«Ce ne sont pas les restaurateurs qui sont vecteurs de la COVID-19, a opiné le propriétaire, Michaël Tremblay. C'est un cas qui a été attrapé sur un lit d'hôpital. Donc, ça ne devrait pas avoir une incidence sur la fermeture ou l'ouverture des restaurants. C'est complètement absurde. »

Dans son nouvel emplacement sur la rue Racine, au centre-ville de Chicoutimi, il a investi 50 000 $ depuis un an. Au moins six emplois seront coupés s’il doit se contenter des mets pour emporter.

Je n'ai pas ouvert un restaurant de cette ampleur pour faire des plats pour emporter, seulement», a affirmé le restaurateur.

En zone rouge, Michaël Tremblay compte défier les règles sanitaires... symboliquement. «Fortement, j’ai l’intention de rester ouvert. Quitte à rester ouvert une journée pour dire, regardez, ce n'est pas nous. Il faut protester. C'est une protestation sans violence.»

Au Bistrot du Fjord sur la rue St-Thomas à Chicoutimi, c'est le choc pour le propriétaire, Chantal Perron. «Je suis assommé. On est très, très, mais très déçu. Ça fait plusieurs mois que l'on fait des efforts. On a travaillé pendant des mois pour ne pas se faire fermer et le résultat, c'est qu'on se fait fermer.»

Les commerçants ne le digèrent vraiment pas. «On mange toujours la claque, argumente Michaël Tremblay. C'est continuellement comme ça. Le gouvernement est toujours sur notre dos. Il faudrait aussi nous lâcher et aider notre industrie.»

Son ami de La Cuisine, David Janelle, partage son opinion. «On fait juste dépenser de l'argent pour essayer d'être en vie et on se fait couper l'herbe sous le pied à toutes les fois. C'est décourageant. C'est vraiment décourageant de voir comment on se fait prendre pour des niaiseux.»

La seule consolation pour ces commerçants, c'est la possibilité d'avoir une aide financière gouvernementale. Mais tous préféreraient pouvoir poursuivre leurs affaires.