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Décret gouvernemental: le propriétaire de Gym Olympe contestera son constat d’infraction

Catherine Bouchard | Journal de Montréal

Le propriétaire du centre d’entraînement semi-privé Gym Olympe veut continuer de défier le gouvernement en contestant «haut et fort» le constat d’infraction qu’il a reçu, vendredi matin, pour avoir gardé son gym ouvert. Il entend se battre pour toute l’industrie de l’entraînement.

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Marc-Antoine Grondin avait du mal à contenir sa colère vendredi.   

Alors qu’il a tenu tête au gouvernement, depuis juin dernier, en gardant son gym ouvert, il doit se résigner – avec difficulté – à jeter les gants et à fermer sa salle d’entraînement.   

Après une plainte d’un citoyen, les policiers se sont présentés au Gym Olympe mercredi, et ils y sont retournés jeudi. 

«Ce matin [vendredi], quatre véhicules de patrouille, six policiers, constats d’infraction. J’ai dit: "OK, bravo. On a tué une mouche avec un bazooka"», peste-t-il.   

Capture d'écran TVA Nouvelles

 

Mais l’homme d’affaires assure qu’il n’a pas dit son dernier mot. «On va se battre et on va avoir ce que l’on veut», lance-t-il, soulignant que les centres d’entraînement sont des partenaires de la santé, en cette période de pandémie.  

«La révolte est à nos portes», poursuit M. Grondin. Il gardera uniquement son bureau ouvert pour continuer ses services de consultation «d’ordre professionnel». 

Constat d’infraction de 1546$

Il analyse les stratégies avec son avocate, afin de contester le constat d’infraction de 1546$ qu’il a reçu.   

Il a également indiqué qu’il se chargeait de contester les deux constats – au même montant – qu’ont reçus deux de ses clients. S’il perd, il paiera les trois constats. 

«Je vais prendre tout le blâme, laisse-t-il tomber. Je trouve ça vil et bas de s’attaquer aux clients. Une clientèle, c’est dur à monter, à bâtir. Se démarquer comme entrepreneur au Québec, c’est difficile, et vous venez m’arracher ça.»

M. Grondin déplore d’avoir déployé tous les efforts pour assurer une sécurité pour ses clients et respecter les consignes sanitaires.

«J’ai 100 abonnés, c’est un gym semi-privé et nous ne sommes jamais plus de six à sept personnes dans 3000 pieds carrés, c’est dur de ne pas respecter la distanciation, fait-il valoir. J’ai répondu à ce que le gouvernement m’a demandé et, malgré ça, on s’est acharné.» 

Un autre à Thetford Mines    

Le propriétaire d’un gym de Thetford Mines devra payer une amende de 1000 $ et des frais de 546 $ pour avoir fait fi des règles mises en place par les autorités pour contrer la COVID-19, en accueillant des clients dans son centre de conditionnement physique.

«À la suite d’informations provenant du public, nos patrouilleurs ont remis, peu après 18 h, jeudi, un constat d’infraction à un propriétaire de salle d’entraînement en vertu de la Loi sur la santé publique», a indiqué le sergent Yves Simoneau, porte-parole de la police de Thetford Mines, sans toutefois mentionner le nom du propriétaire ou de l’établissement en question.

Le principal intéressé, François Madore, qui détient le centre de conditionnement physique Multi-Gym de la rue Notre-Dame Est, dans cette municipalité de Chaudière-Appalaches, a lui-même confirmé à l’antenne de LCN, vendredi matin, qu’il était bien la personne ayant été mise à l’amende, sans toutefois vouloir mentionner le montant de la contravention.

«Ils sont [d’abord] venus m’avertir et, pour finir la journée, j’ai eu droit à une belle contravention [...] dans les quatre chiffres», a-t-il dit.

Deux citoyens qui se trouvaient dans la salle d’entraînement au moment de la deuxième visite des patrouilleurs, vers 18 h 25, ont quant à eux quitté les lieux. Il n’a pas été confirmé s’ils avaient ou non reçu un avertissement.

François Madore avait fait parler de lui, jeudi, en gardant les portes de son commerce ouvertes. Il défiait ainsi le décret gouvernemental exigeant la non-fréquentation de lieux comme les salles d’entraînement dans les zones rouges, soit dans les secteurs où le niveau d’alerte est au maximum en cette période de pandémie. Thetford Mines est située dans la MRC des Appalaches qui est actuellement en zone rouge.

«Je veux démontrer que la décision du gouvernement de François Legault n’est pas la bonne, avait dit M. Madore pour expliquer pourquoi il avait décidé de garder son gym ouvert. L’entraînement physique peut prévenir beaucoup de problèmes de santé.»

Il avait ajouté qu’il n’avait pas l’intention de payer une amende s’il en recevait une.

Vendredi, sur LCN, il a insisté pour dire que, selon lui, les centres d’entraînement respectent les consignes, comme la distanciation physique, et ont notamment des échangeurs d’air appropriés pour nettoyer l’air dans leurs locaux. Il a ajouté qu’il continuait d’encourager «les centres de conditionnement physique de se tenir dans ce mouvement-là parce qu’il n’y a pas de raisons que les centres de conditionnement physique soient fermés». «Ici, ils sont encadrés les gens et sont motivés, donc c’est très important dans les salles de conditionnement physique d’amener les gens à venir s’entraîner parce que les mouvements sociaux sont bloqués partout et dans un gym, tu fais du social.»

François Madore a indiqué qu’il ne savait pas encore s’il allait défier une autre fois l’interdiction gouvernementale au cours des prochaines semaines, tout en confirmant que son gym était fermé vendredi.

«Aujourd’hui [vendredi], j’ouvre mes portes pour la vente de produits, parce que j’ai une boutique [de] suppléments. Je peux vendre des abonnements également, s’il y a des gens qui veulent venir nous encourager, ou m’encourager. Je vends des abonnements aujourd’hui, mais il n’y aura personne dans le gym aujourd’hui, bien entendu.»

Mardi, devant la protestation de certains propriétaires et clients de gyms, le premier ministre François Legault avait fait part de l’intention ferme de son gouvernement de faire en sorte que les salles d’entraînement demeurent fermées dans les zones rouges. Un décret a été adopté le lendemain interdisant «à quiconque de se trouver dans un lieu dont les activités sont suspendues [...]».

- Avec la collaboration de Michel Bellemare, Agence QMI et Jérémy Bernier, Journal de Québec