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«Je suis fier d’être encore là» - Francis Cabrel

Patrick Delisle-Crevier | Agence QMI

Celui qui célèbre cette année 42 ans de carrière nous revient avec un 14e album studio intitulé «À l’aube revenant». On y trouve un lot de 13 chansons, dont plusieurs sont inspirées par la poésie romantique des troubadours du Moyen Âge. 

Francis Cabrel, vous avez lancé le 16 octobre votre album «À l’aube revenant», qui contient 13 nouvelles chansons. Qu’est-ce qui vous les a inspirées?

Un jour, mon ami Claude Sicre, un chanteur occitan, m’a rendu visite pour enregistrer dans mon studio. En guise de cadeau de remerciement, il m’a offert trois bouquins sur la poésie des troubadours — une poésie qui ne m’était pas familière, mais que j’ai trouvée magnifique. Et, au final, celle-ci a inspiré plusieurs chansons de l’album.

Comment vous sentez-vous avant de sortir un nouvel album?

Je suis toujours un peu nerveux et, après autant d’années de carrière, je sais maintenant que ça ne disparaîtra pas. Je m’interroge, je me demande toujours si mes nouvelles chansons atteindront le public.

Parlez-moi de votre processus de création d’un album...

J’y passe en moyenne cinq ans. Ça peut paraître long pour certains, mais c’est le temps que ça me demande à moi pour bien fignoler mes chansons, travailler les textes et les musiques à l’extrême, et finalement débuter le travail en studio avec les musiciens.

Dans vos écrits, vous avez rendu hommage à votre mère et à vos filles, et voilà que vous rendez hommage à votre père avec la chanson «Te ressembler». Pourquoi maintenant?

Ça m’attriste un peu, parce que je n’ai pas pu lui dire ces mots de son vivant, alors je le fais maintenant à travers une chanson. L’émotion ne passait pas par les mots entre lui et moi, c’était juste comme ça. La chanson a pour titre «Te ressembler» parce que oui, malgré nos vies bien différentes, nous nous ressemblons sur certains points.

Vous adaptez sur ce disque «Sweet Baby James», une chanson de James Taylor. Pourquoi cette chanson en particulier?

J’adore cette chanson et quand j’ai rencontré James Taylor, il m’a dit que si un jour je devais reprendre l’un de ses titres en français, ça devait être cette chanson. J’ai mis plus de 16 ans à trouver les bons mots. J’ai travaillé fort pour arriver à ce résultat.

Vous célébrez 40 ans de carrière. Quel bilan dressez-vous de votre parcours?

Je suis heureux d’avoir eu une aussi belle carrière et d’avoir pu aller à la rencontre de différents publics. Ma vie de chanteur m’a fait voyager et j’ai pu découvrir de magnifiques endroits, comme le Québec, dont je suis amoureux. J’y ai un public fidèle que j’aime beaucoup.

De quoi êtes-vous le plus fier?

D’être encore là, et de faire encore de la musique qui touche les gens. Je suis très reconnaissant. Et ce n’est pas terminé.

Comment vivez-vous la période actuelle?

C’est gris, c’est morose et, comme nous avons un couvre-feu à Paris, ce n’est pas la joie. Mais ce deuxième confinement est moins radical que le premier, alors je m’y fais. J’ai quand même hâte de pouvoir recommencer à faire de la musique sur scène!

Quels sont vos autres projets?

Comme mon album vient de paraître et que je ne peux pas faire de spectacle, je reste chez moi, je lis, je chante, et je fais quelques parties de golf de temps en temps. J’ai très hâte de retrouver mon public québécois et, si tout va bien, ce sera en juin prochain.

«À l’aube revenant» est déjà disponible. Pour suivre les activités de l’artiste: franciscabrel.com.