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Proxénétisme à l’égard d’une mineure: cinq ans à l'ombre pour ce «pimp»

Kathleen Frenette | Journal de Montréal

Photo courtoisie

Reconnu coupable de proxénétisme à l’égard d’une personne de moins de 18 ans au terme du procès qu’il a subi en septembre 2019, un jeune proxénète a été condamné, vendredi, à purger une peine d’emprisonnement de cinq ans.  

En 2017, Joey Brant Fournier, 25 ans, avait reconnu avoir agi à titre de «pimp» auprès d’une jeune fille de 15 ans qui était en fugue du centre jeunesse L’Escale.  

Toutefois, en cours de route, il avait demandé à être relevé de son plaidoyer de culpabilité puisqu’il contestait plusieurs faits.  

«Vous faites une erreur»

Vendredi, lorsque le juge Christian Boulet faisait la lecture du prononcé de la peine et qu’il rappelait les faits de la cause, Brant Fournier s’est exclamé que ce n’était «pas comme ça que ça s’était passé tabarnak!». 

«Ç'a pas dû être facile de prendre votre décision, mais là, vous êtes en train de faire une erreur», a ajouté Brant Fournier alors qu’il se trouvait à la Cour en présence virtuelle.  

Après l’avoir invité a demeuré silencieux pour la suite des procédures, le président du Tribunal a rappelé que c’est entre les mois de décembre 2016 et février 2017 que Brant Fournier et son complice, Thomas Chenevert – qui a écopé d’une peine d’emprisonnement de six ans – ont conduit la jeune fille dans ce qu’elle a qualifié au procès «de maison de prostitution» pour qu’elle puisse recevoir des clients «et faire beaucoup d’argent».  

Poupée de chiffon

Brant Fournier a également pris une photo de la jeune fille, fesses nues, et l’a partagée sur un site web spécialisé en vente de services sexuels, amenant ainsi des accusations de production et distribution de pornographie juvénile.  

«Malgré l’absence de violence physique additionnelle, le préjudice infligé à l’adolescente est très important. Elle se sent comme une poupée de chiffon lors des relations sexuelles complètes qu’elle a avec des inconnus qui ont marchandé son corps avec l’accusé et son complice qui ont fait fit de sa dignité humaine», a rappelé le magistrat en précisant qu’il s’agissait là d’un facteur aggravant.  

«Il faut également considérer la vulnérabilité de la victime en raison de son statut de fugueuse d’un Centre jeunesse, et ce, à la connaissance de l’accusé», a-t-il ajouté.  

Comme Brant-Fournier est détenu depuis l’équivalent de 3 ans et quatre mois, il lui reste donc à purger une peine d’un an et huit mois à compter de ce jour.  

«C’est ben parfait monsieur le juge, mais on va se revoir en Cour d’appel», a conclu Brant Fournier avant d’être ramené en détention.